Magnus : I.A., robots et SF dans un premier volume surprenant

Il y a quelques mois, Casterman lançait une nouvelle collection destinée à concurrencer les principaux acteurs comics du marché francophone : Paperback. Et l’éditeur frappa fort d’entrée de jeu avec deux titres qualitatifs dont vous pouvez lire les chroniques ici pour Au Temps Des Reptiles et, ici pour Mech Academy

Ce 29 août, la gamme s’enrichit avec de nouveaux comics, à savoir Apocalypti Girl, que vous retrouverez bientôt sous la forme d’une critique sur ComicsInside, et Magnus dont il est question dans cet article.

Quand les I.A. ont besoin de vacances

Si jusqu’ici, Casterman a déjà réussi à attirer l’attention des lecteurs grâce à un choix inspiré en matière de séries et aux très belles couvertures des titres de la collection Paperback, encore faut-il dénicher, pour cet éditeur, la perle rare qui fera l’unanimité ou presque. Or, c’est peut-être bien le rôle qui sera confié à Magnus.

Dans ce premier volume qui prend place dans un futur proche, on suit une psychologue : la docteure Kerri Magnus. Celle-ci se distingue par une clientèle atypique puisque exclusivement constituée de robots. La jeune femme est d’ailleurs taillée pour la fonction puisqu’elle est l’une des seules personnes à pouvoir voyager au sein de l’espace numérique dans lequel bon nombre d’intelligences artificielles se réfugient. Explications.

Deux mondes coexistent dans cette série. L’un est celui de la vie réelle telle qu’on la connaît à l’exception près que, science-fiction oblige, on trouve désormais de nombreux êtres robotiques dans les foyers. Certains à l’apparence humaine, d’autres similaires à des animaux mécaniques et, d’autres encore, semblables à ceux qu’il est habituel de voir dans les films de SF, soit des bipèdes de couleur grise facilement reconnaissables. Avec le temps, tout ce petit monde robotique a développé une volonté de s’émanciper de la vie de tous les jours et de ses conditions de majordomes, d’animaux de compagnie, de souffre-douleur…

Pour ce faire, un monde numérique a vu le jour où, durant une durée limitée,  les intelligences artificielles peuvent s’évader de leur quotidien de serviteurs à la solde des êtres humains. Si le concept permet aux robots de « respirer », le meurtre d’un couple, dont l’homme n’est autre que le PDG de la plus importante société conceptrice d’i.A., par leur robot domestique va tout changer. Et, comme l’on pouvait s’en douter, c’est évidemment Kerri Magnus que l’on charge de la poursuite du suspect au sein du monde numérique.

Une introduction maîtrisée

Si ces quelques lignes évoquant le meurtre d’humains par un robot vous rappelleront sans doute d’autres productions cinématographiques et vous sembleront, dès lors, révélatrices d’un scénario assez classique, sachez que vous êtes assez loin du compte.

Tout d’abord, on constate très vite que l’univers créé par Kyle Higgins (Batman Eternal, Batman : les Portes de Gotham) présente déjà un potentiel important. L’auteur a déjà démontré la force créatrice qui l’étreint lorsqu’il travaille et c’est encore elle qui nous guide tout au long de cette introduction aux 2 mondes de Magnus. Aussi, il ne faudrait surtout pas oublier qu’il est question d’un volume introductif dans lequel, outre la découverte des quelques personnages principaux, on entrevoit déjà les différents principes qui régissent l’univers de la série et une belle aventure, même si son pitch de départ reste quelque peu commun.

Avec ceci, ajoutez la présence de Jorge Fornés (Thunderbolts, Wolverine and the X-Men) qui, au travers d’un dessin assez agréable à suivre, intègre quelques petites idées graphiques ingénieuses comme lorsqu’il dessine le passage d’une I.A. du monde virtuel à celui des humains et inversement.

Autrement dit, le duo Higgins- Fornès a choisi de miser, pour ce tome introductif, sur un scénario aux faux-semblants de déjà-vu et nous présente de manière efficace les principaux protagonistes et un monde futuriste où il ne fait pas spécialement bon vivre quand on est un robot. Et encore moins quand l’un d’eux décide d’assassiner des êtres humains. En tout cas, une chose est sûre : si la série continue sur sa lancée et révèle rapidement son plein potentiel, l’éditeur Casterman pourrait bien avoir trouvé le titre qui tirera l’ensemble de ses ventes vers le haut.

Note : 8/10

R.L.

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