1985 – Visiteurs: quand Millar mélange l’univers Marvel avec le nôtre

De l’action rythmée, des super-héros variés, un rythme soutenu, un découpage facilement adaptable pour le grand écran, 1985 : Visiteurs est bien l’œuvre de Mark Millar (Kingsman, Empress, The Magic Order…) Une recette qui plait à bien des fans, mais qui, dans le même temps, a tendance à irriter d’autres lecteurs, excédés par cette façon de faire, et qui souhaitent découvrir plus qu’un blockbuster basé sur une bonne idée mais trop peu exploitée.

Et ce 1985 : Visiteurs n’échappe pas à la règle, une fois encore. On y découvre le jeune Toby, passionné par les comics. Le garçon dévore les mensuels de ses héros favoris et passe son temps à la librairie du coin. Il faut dire que tout l’y pousse puisque 1985 est un grand cru pour les lecteurs avec, notamment, Secret Wars, le tout premier crossover de Marvel qui réunit de nombreux héros et leurs pendants maléfiques.

Un beau jour, alors qu’il se balade avec son père, celui-là même qui l’a initié aux comics, Toby croit entrevoir un homme en cosplay de Crâne Rouge derrière la fenêtre d’une villa. Plus tard, c’est un autre mistérieux individu qui est aperçu par une dizaine de personnes en plein centre-ville, sur le toit d’un immeuble. Celui-ci aurait soudainement étiré ses ailes et, tel le Vautour, se serait mis à voler.

Toby comprend alors que l’impensable s’est produit : les super-vilains de ses lectures préférées ont investi son monde, le nôtre. Un monde sans super-héros pour le défendre.

Mark Millar s’appuie donc sur une belle idée : introduire des personnages de fiction dans une copie conforme de notre réalité. Le scénariste se met alors à imaginer les réactions de la population, des forces de l’ordre et du gouvernement. L’armée, la police, les médias, le voisinage, les amis… Tous ont leur idée sur la question mais, évidemment, personne n’ose émettre une hypothèse telle que celle avancée par le jeune Toby.

Grâce à ce postulat de départ, 1985 : Visiteurs nous offre, dès les premières pages, un mystère appréciable et une bonne dose de suspense. Mais surtout, il engendre un plaisir non-dissimulé à chaque personnage bien connu que l’on voit apparaître au détour d’une ruelle. Les références se multiplient et une certaine nostalgie opère pour nous inciter à tourner les pages. Pourtant, si le rythme est assez bien géré, la fin trop simpliste et un développement qui finira par privilégier l’action au détriment de la trame terniront l’idée de base. Dommage tant les possibilités d’embranchements scénaristiques et d’idées originales demeuraient nombreuses.

Quant au graphisme, il est à créditer à l’artiste Tommy Lee Edwards (Bullet Points) qui dépeint cette histoire dans un style assez particulier. Ici, ce sont d’abord l’ambiance et les émotions qui sont mises en avant. Ainsi, certaines représentations des protagonistes (#LeLézard) feront tiquer les fans, là où les lieux seront caractérisés avec talent par une atmosphère propre à l’époque et aux événements qui y prennent place.

En d’autres mots, ce comic-book n’est pas mauvais en soi, bien au contraire, tout lecteur devrait passer un bon moment en le parcourant. Seulement, il faut se faire à l’idée que cela reste du Millar pur jus avec une progression misant d’abord sur le rythme, de l’action occupant une place de plus en plus importante au fil des pages et un dénouement peu convaincant. Le genre de comics qu’on lit volontier entre deux rendez-vous sans pour autant en garder un souvenir impérrissable.

Note : 6/10

R.L.

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