Kingsman : un comic-book à lire en regardant le film !

En manque d’inspiration quant au programme à regarder un soir d’hiver sur notre écran de télévision, ma douce et moi sommes tombés tout à fait par hasard sur un certain « Kingsman : Services secrets ». Divertissante, cette production fut à la base d’une très agréable soirée. Habile mélange d’humour et d’action, le film de Matthew Vaughn renvoyait assez justement et non sans dérision aux James Bond et autres productions cinématographiques du même genre.

Quand vint le générique, un nom attira mon attention : « Mark Millar ». Le scénariste britannique ô combien célèbre et à qui l’on doit notamment Starlight, Wanted, Jupiter’Legacy…,  avait donc aussi officié sur Kingsman. Et grâce à plusieurs sources bien renseignées, j’appris que le fondateur du Millarworld avait, avec l’aide de Matthew Vaughn, scénarisé un comic-book (dessiné par Dave Gibbons) affublé lui aussi du titre de « Kingsman » pendant que ce même M. Vaughn écrivait la trame du film du même nom.

Le procédé m’intrigua au plus haut point parce que, d’ordre général, le matériau de base se révèle supérieur sur le plan qualitatif à son adaptation. V pour Vendetta, la saga Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, les X-Men… sont autant d’exemples qui peuvent démontrer sans mal cette affirmation. Or, pour le cas présent, si le comic-book était disponible en librairie avant l’apparition du film dans nos salles obscures, la méthode employée empêchait de savoir qui avait vraiment précédé qui.

Les mêmes histoires racontées différemment 

Là où le film «Kingsman : Services secrets » est un pastiche des aventures de James Bond, le comic-book Kingsman, lui, n’est autre qu’un pastiche du film… Kingsman. Explications.

Prenons par exemple la toute première scène du film. Lors de celle-ci, un éminent chercheur interprété par Mark Hamill (Star Wars) est retenu captif dans un chalet. Dans la version papier, l’otage n’est pas un chercheur mais le véritable Mark Hamill !

Dans un souci de ne pas trop en révéler, nous n’en dirons pas plus mais sachez que le comic-book ne cesse de réinterpréter l’histoire du film à sa manière.

Si l’ouvrage est à conseiller à tous, j’estime surtout que c’est en le confrontant à son pendant cinématographique qu’on en appréciera véritablement toutes les saveurs au travers des nombreux clins d’œil.

Evidemment, les deux œuvres ne présentent pas que des qualités. Le film, aussi fun soit-il, ne marquera certainement pas l’histoire du cinéma tout comme le livre qui, s’il m’a permis de passer un agréable moment, n’intégrera pas le panthéon des comics. En cause pour celui-ci, des dessins parfois trop figés qui pourraient déplaire notamment aux plus jeunes ou encore un scénario qui fait le boulot sans être voué à devenir mémorable à l’instar de bon nombre de travaux du même genre misant avant tout sur l’action.

Pourtant, pour les lecteurs et adeptes de bandes dessinées, Kingsman reste un ouvrage qu’il faut avoir lu ne serait-ce que pour son processus de réalisation. Selon moi, nous sommes à mille lieux d’un « comic-book pour un comic-book ». Il est plutôt question d’un processus créatif comprenant à la fois un film et un comic-book. Dans cet esprit, comme pour toutes les œuvres, il est nécessaire de s’intéresser à chacune des composantes pour apprécier le résultat final dans son ensemble.

Note : 7/10

R.L.

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