Thor – Le Massacreur de Dieux : Aaron relance avec talent le dieu nordique

Dieu nordique surpuissant, Thor présente des origines issues de croyances religieuses anciennes et d’idées tout droit sorties des cerveaux en ébullition des auteurs de la Maison des Idées. Pourtant, malgré le fort potentiel qu’offre un tel personnage, seuls quelques runs mémorables (comme celui de Straczynski) lui sont dédiés.

Dès lors, lorsque Jason Aaron (Scalped, Star Wars…) reprend le flambeau, c’est toute la fanbase de Thor qui applaudit et prie pour un scénario épique et captivant. Accompagné d’Esad Ribic, artiste qui transforme régulièrement une planche de comic-book en un tableau exceptionnel, Aaron se devait de transformer l’essai et donc de proposer le chef-d’œuvre tant attendu par les lecteurs.

« Des » Thor comme on les aime !

Les dieux meurent. Non pas de morts naturelles, ni d’une quelconque maladie : ils sont tués de la main d’un massacreur de dieux.

A partir de ce simple pitch de départ, Aaron nous dévoile, au travers de plusieurs lignes du temps, la destinée de Thor : arrêter l’être malfaisant obsédé par la destruction des divinités qui peuplent l’univers. Ces timelines permettent à l’auteur d’entrevoir Thor à différents moments de sa vie et le constat est sans équivoque : à chaque fois, le pari est réussi puisqu’on retrouve un héros fidèle à lui-même. Le jeune Thor est un barbare impétueux et sûr de lui tandis que le Thor du présent est, pour sa part, plus sage et possède le marteau divin. Enfin, le héros, dans sa version la plus âgée, est désabusé mais ne délaisse pas pour autant tous les traits de caractère qui ont construit le personnage au cours des récits.

Tant par la narration maîtrisée que par ses idées ingénieuses, Jason Aaron annonce d’emblée la couleur : non seulement « Le Massacreur de Dieux » captive mais en plus, il n’est pas à réserver uniquement aux fans de la première heure. En effet, les néophytes n’auront aucun mal à se plonger dans cette épopée puisque peu de têtes connues sont aperçues. Seules quelques références savamment placées ne trouveront écho que chez les passionnés de Thor. Autrement dit, Aaron parvient à conquérir les deux types de lecteurs avec ce récit qui fait à la fois office de porte d’entrée et de suite appréciable.

Le scénariste américain nous offre une histoire riche en rebondissements dont les conséquences du massacre des dieux sont loin d’être anodines. Derrière ce génocide, un être vouant une haine absolue envers toutes les divinités : Gorr. Charismatique, ce dernier est motivé par la vengeance. Mais ici encore, si le principe (un bad-guy désirant se venger) n’est pas neuf, loin de là, Aaron parvient, via sa plume, à rendre son antagoniste intéressant en lui offrant des origines intéressantes et recherchées. Ce qui, comme on s’en doute, offre une vraie confrontation entre un Thor fascinant et un ennemi digne de ce nom.

A cela, il faut ajouter que les dessins d’Esad Ribic sont tout bonnement magnifiques. L’artiste réalise de sublimes planches que ce soit lors de séquences de combats ou lorsqu’il donne au lecteur un paysage à contempler. Asgard est une merveille graphique, la puissance de Thor est palpable au travers du dessin de ses muscles et les constructions navales/spatiales sont, elles aussi, somptueuses. Une claque artistique, tout simplement.

Proche de la perfection, ce « Thor : Le Massacreur de Dieux » n’est pas passé loin de la note la plus haute. La faute au nombre trop faible d’allusions à la mythologie qui a vu naître le héros. Hormis certaines références et la présence de l’un ou l’autre personnage nordique lors de quelques trop rares péripéties, le lecteur n’aura que trop peu d’éléments relatifs à l’Histoire de Thor à se mettre sous la dent.

Qu’à cela ne tienne, cet opus réédité il y a peu par Panini Comics reste un comic-book essentiel grâce à son scénario captivant et original, son bad-guy intrigant et sa narration maîtrisée. Et que dire de Thor que l’on découvre à différents moments de sa (longue) vie mais qui reste toujours en adéquation avec ce que tout fan attend du personnage. Sans oublier, un énième point positif : à savoir, les dessins d’Esad Ribic qui font de chaque planche une véritable petite œuvre. A acquérir de toute urgence !

Note : 9/10

R.L.

 

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