Conan Le Barbare (T.1 & T.2) par Jason Aaron : le retour du barbare en comics !

Par Crom ! Le légendaire Barbare, Conan, est de retour dans des aventures signées Jason Aaron (Star Wars, Thor…), Mahmud Asrar (Star Wars, All-New X-Men…) et Gerardo Zaffino (Suiciders, All-New Inhumans). Déjà remis au goût du jour en bandes dessinées par des duos d’artistes francophones différents, Conan bénéficie ici de la plume de celui qui, il y a quelques années, avait réussi à s’approprier tous les codes d’une autre force de la nature, le Dieu nordique, Thor. Si aucun autre scénariste actuel ne nous semblait plus adapté pour le retour du Barbare, l’exercice s’annonçait tout de même bien difficile tant le background du héros demeure très dense. De plus, l’univers et l’atmosphère dans lesquels les aventures de Conan se déroulent sont assez atypiques puisque très sombres et gorgés de monstres originaux et de batailles épiques. Autant de paramètres à prendre en compte pour quiconque désirant relever le défi…

Un héros historique

Retour en arrière. Conan est la création de Robert E. Howard, écrivain aujourd’hui disparu. Ce dernier posera, grâce à son héros cimmérien, les jalons de l’Heroic Fantasy moderne et inscrira son nom dans l’histoire de la littérature. Mythique, l’œuvre sera ensuite déclinée sur d’autres supports, parfois avec brio, comme les bandes dessinées en attestent, parfois avec moins de succès, au cinéma par exemple.

Mais qui est ce Conan ? Comme le titre de chaque parution l’indique, Conan est un Barbare. Sa vie est rythmée par les batailles, qu’il s’agisse de guerres humaines ou de combats contre des monstres sortis des abysses, des rencontres – de plantureuses jeunes femmes aux sorciers vénérant d’obscures divinités en passant par de fourbes chefs de guerres- et des drames.

C’est donc dans un univers riche que s’intègre parfaitement un guerrier des plus talentueux en ce qui concerne l’art de la guerre. Néanmoins, utiliser le Barbare dans un récit ne revient pas à le placer au même rang qu’un Dieu auquel aucun ennemi ne résisterait. Conan est doué mais ses ennemis le sont tout autant. Qu’ils soient physiquement imposants ou cruellement stratégiques, chacun des adversaires du cimmérien se doit de proposer un challenge au héros afin de captiver le lecteur. C’est à ce niveau qu’Aaron fait part, une fois de plus, de son expérience puisque, non seulement, il propose une aventure accessible à tous mais, en plus, il y insère un adversaire à la mesure du guerrier.

La méthode choisie par l’auteur consiste à nous faire voyager, d’épisode en épisode, dans des temporalités différentes. Dans certaines, Conan est jeune et n’a que trop peu parcouru le monde, alors que dans d’autres, il a déjà renversé maints ennemis et est devenu un roi respecté. Via ce procédé, Aaron parvient à faire écho à des événements mythiques de l’histoire de Conan. Par l’ajout de références sous-entendues, de dialogues ou encore, de flashback, certains jalons importants de la vie du guerrier sont ré-introduits. Destinés avant-tout aux nouveaux lecteurs, les plus avertis se délecteront également de la démarche en revivant de grands moments de l’épopée cimmérienne.

Mais le véritable coup de maître réside autre part. En effet, via ce procédé (les bonds dans le temps), Aaron introduit un ennemi qui se tapit dans l’ombre tout au long de la vie du Barbare, guettant le bon moment pour frapper. Son nom ? la Sorcière rouge. Rusée et perfide, elle parvient aisément à endosser le rôle d’un adversaire coriace pour Conan et justifiera à plusieurs reprises son statut d’antagoniste de poids.

Aaron a donc réussi son pari et il n’est pas le seul. En effet, il est indéniable que les dessins d’Asrar participent, eux aussi, à l’immersion. D’ailleurs, si les lecteurs de la première heure (ou presque) étaient habitués à un graphisme en noir et blanc, force est de constater que l’ajout de couleurs n’enlève rien à l’ambiance particulière qui règne dans le monde imaginé par Howard. Asrar respecte l’héritage du héros aux muscles saillants et le gratifie de quelques poses majestueuses, comme d’autres l’avaient fait avant lui. Le trait de l’artiste s’exprime aussi avec brio lors de l’un ou l’autre affrontement sanguinaire dont se dégage un condensé de rage et de puissance caractéristique du personnage.

Marvel ne s’est donc pas trompé en choisissant Aaron et Asrar pour reprendre le flambeau. Malgré tout le challenge que représente Conan, le premier est parvenu à s’approprier l’histoire du héros pour donner naissance à une nouvelle aventure reposant sur un background riche pré-existant tandis que le second a, lui aussi, pris la peine de s’imprégner de l’essence du personnage et de son univers afin de pouvoir les retranscrire à son tour. En conclusion, Conan le Barbare n’a pas fini de faire parler de lui, bien au contraire. Par Crom !

Note : 9/10

R.L.

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