Transperceneige – Extinctions (acte 1) : la nature est morte, vive la nature !

Pétroliers échoués en pleine mer, déchets d’usines abandonnés dans des zones forestières, animaux en voie d’extinction chassés par des contrebandiers, forêts entières rasées pour des objectifs de production… Cela vous rappelle quelque chose ? Et bien, ce sont aussi les problématiques soulevées par la série de bandes dessinées Transperceneige sortie dans les années 80. Aujourd’hui, l’œuvre refait parler d’elle avec la publication d’une préquelle : Transperceneige – Extinctions (T.1).

Toujours au cœur de l’actualité -puisque, depuis les années 80, l’écologie ne se porte pas mieux, que du contraire- Transperceneige reste un récit d’anticipation qui pose énormément de questions sur notre façon, en tant qu’Homme, de vivre.

Dans Extinctions, le monde a franchi le point de non-retour et le retour de bâton devrait être violent pour l’humanité. Face à cette situation, différents groupes naissent autour d’un même but : sauver ce qui peut encore l’être. Quand certains choisissent de bouter le feu au siège social d’une multinationale afin d’enrayer les causes des désastres environnementaux, d’autres prennent des décisions encore plus radicales : éliminer l’espèce humaine, purement et simplement, pour le bien de la Terre. Et au centre de tout ceci, un milliardaire chinois du nom de Zheng, personnage inspiré d’Elon Musk, veut sauver une partie de l’humanité. Selon ce visionnaire asiatique, peu survivront à l’apocalypse qui se prépare et ceux qui y parviendront seront les passagers de son invention : un immense train de 1001 wagons. Dans celui-ci, on trouvera des potagers, des animaux issus d’espèces différentes, des wagons-lits, une bibliothèque qui ferait pâlir plus d’un collectionneur… Bref, une véritable ville sous la forme d’un train à grande vitesse.

A travers cette préquelle, les scénaristes Matz et Jean-Marc Rochette nous donnent donc les clés de l’origine de la série publiée en 1984. Autrement dit, Extinctions nous raconte de quelle façon l’humanité s’est retrouvée à vivre dans un train.

A l’image d’un moteur diesel (le comble pour une histoire qui fait de l’écologie son principal focus), le récit prend son temps avant de réellement débuter et pourrait perdre une partie des lecteurs en cours de route. Les autres, ceux qui auront fait l’effort de s’accrocher, se verront embarquer par les auteurs, non à bord d’un train, mais dans une fable, une fable qui pourrait très bien devenir réalité comme nous l’apprennent bon nombre de documentaires et de reportages… Cette fable (prophétique?) suit plusieurs protagonistes, tous liés d’une façon ou d’une autre à la fin du monde tel qu’on le connaît. Et chacun participe à une ambiance sombre mais où l’espoir persiste tant bien que mal. Cette ambiance, on la doit également au dessin composé de beaucoup de traits et pour lequel les couleurs deviendront de plus en plus ternes au fur et à mesure de la lecture.

Le tout conduira le lecteur à se poser des questions : notre monde risque-t-il vraiment de connaître une apocalypse environnementale ? Que ferions-nous dans la même situation ? Notre survie passerait-elle avant celle de la planète ? Car, à en croire plusieurs personnages de ce récit d’anticipation, l’humain est le virus, le parasite, le mal qui ronge la Terre. Et pour purger cette dernière, une seule solution : l’extinction.

Extinctions devrait donc réjouir les fans de l’œuvre originale sortie dans les années 80. Mais pas seulement puisque cette préquelle est l’occasion rêvée pour les retardataires de se plonger dans une histoire toujours autant en lien avec l’actualité et qui se résume à cette question : qu’adviendra-t-il de notre monde suite à ce que l’on lui inflige ? La réponse, selon Transperceneige – Extinctions n’est pas de bonne augure…

Note : 8/10

R.L.

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