Starr le tueur : magie, meurtres et barbares au menu!

Si les prix discernés par le festival international de la bande dessinée d’Angoulême sont régulièrement au cœur de polémiques, ils ont au moins le mérite de consacrer, à certaines occasions, des artistes sans pareil. L’opportunité pour les éditeurs de publier des récits moins connus du grand public mais en lien avec récompenses du festival français.

Et parmi ces récits, on se doit de citer Starr le tueur, comic-book de celui qui obtint la plus grande distinction lors du FIBD 2018 : Richard Corben, un artiste underground qui se différencie notamment de ses collègues par un trait déformant la réalité et les proportions de ceux qui s’y trouvent. Caractéristique sur laquelle s’est appuyée ce génie du dessin tout au long de sa carrière afin de devenir un maître de l’horreur.

Cependant, s’il privilégie ce genre, Corben s’aventure aussi régulièrement sur le terrain de l’heroic fantasy comme le prouvent notamment Denaeus (histoire que l’on peut lire dans Grave) ou encore, Starr le tueur. (Précisons tout de même pour ce dernier que si Richard Corben est aux dessins, le scénario est, quand à lui, l’œuvre de Daniel Way.)

Starr est un guerrier barbare, à l’instar de Conan, vivant avec son peuple à l’écart de la civilisation, une ville régie par un système féodal moyenâgeux. Mais cette figure blonde n’est pas qu’un sauvage aux muscles saillants puisqu’elle est également le fruit de l’imagination d’un auteur, Len Carson, lui aussi personnage malgré lui de ce comic-book. En effet, un beau jour, alors qu’il cherchait une suite au récit qui payait ses factures, Carson se voit propulser dans l’histoire qu’il a créée par un sorcier dont l’unique but réside dans une quête de pouvoir. Et celle-ci passe par la fin du dénommé Starr.

Nous plongeons ainsi dans une trame qui fait la part belle aux combats de gladiateurs, à la magie et aux luttes de pouvoir. Le héros, Starr, doit alors faire face à un monde qu’il ne comprend que trop peu, lui qui ne s’aventurait en ville que pour vendre quelques babioles afin de nourrir les siens.

Dans ce contexte imaginé par Daniel Way (Bullseye, Sabretooth), les habitués du genre fantastique s’amuseront à déceler les nombreux pieds de nez distillés par l’auteur vis à vis des codes et poncifs inhérents à ce type de récits. A titre d’exemple, l’histoire d’amour que connaît le héros n’est pas tant lue et relue puisque la demoiselle est aussi forte que Starr et presque plus musclée. Et ce n’est là que l’une des bonnes idées avec lesquelles s’amuse le scénariste.

A ses côtés, Corben se régale également et cela se voit puisque de nombreuses scènes bénéficient de tout son talent et instaurent un climat comme on n’en découvre que trop peu dans ce médium.

Vous l’aurez compris, Starr le tueur ne fera pas l’unanimité. A l’inverse, il devrait rassasier tous les fans de Corben et d’heroic-fantasy tant cette histoire, démarrant pourtant sur une base classique, dévoile en quelques instants des spécificités bienvenues comme un graphisme particulier, un scénario faisant fi des clichés inhérents au genre et une ambiance sombre et originale ! A découvrir !

Note : 8/10

R.L.

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