« Star Wars VIII – Les Derniers Jedi » : une prise de risques prometteuse !

Tout d’abord, précisons que cette critique ne contiendra pas de spoils mais qu’il est tout de même conseillé d’avoir vu l’épisode précédent, « Star Wars VII : Le Réveil de la Force », avant de la lire.

Remise en contexte : Star Wars VII 

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Après le rachat de la saga de George Lucas par Disney, la maison de Mickey se devait de relancer la machine de manière convaincante avec un épisode 7 mémorable. Pour ma part, l’expérience fut ratée. Tout simplement parce que ce film s’adressait avant tout aux personnes désireuses de surfer sur un sentiment nostalgique et pas aux véritables fans de la franchise. Par « véritables fans », je fais allusion aux passionnés qui connaissent chaque épisode par cœur et qui n’avaient pas hésité à visionner une énième fois les deux trilogies déjà sorties avant de se rendre dans une salle obscure pour contempler le « Le Réveil de la Force ». Pour la première catégorie de spectateurs citée, la firme américaine a misé sur le bon cheval puisque J.J. Abrams plaçait des personnages iconiques de la première trilogie (IV, V et VI)au centre de l’intrigue. Quant à moi, je considère faire partie de la seconde catégorie : je me suis donc senti floué par une réalisation dont le scénario piochait allègrement dans la trame de l’épisode IV : Un Nouvel Espoir.

Impression que n’ont pas eu ceux qui n’avaient plus vu un film Star Wars depuis plusieurs années. Ceux-ci pouvaient d’ailleurs être comblés : ils retrouvaient leurs personnages fétiches qui avaient vieilli en même temps qu’eux et une structure narrative qui avait déjà porté ses fruits à la fin des années 70 et qui sentait donc bon la nostalgie.

Star Wars – Rogue One : sur le chemin de la nouveauté 

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Ensuite, une éclaircie dans la grisaille pour le fan que je suis avec la sortie du spin-off « Rogue One » où l’on découvrait de nouveaux ingrédients comme des planètes jamais portées à l’écran jusqu’alors. Sans révolutionner la saga, Rogue One démontrait tout de même qu’il était/est possible de se servir de la recette de base qu’est Star Wars et d’y ajouter de nouvelles épices afin de ne pas resservir la même soupe encore et encore.

Star Wars VIII : autre copié-collé ou véritable nouveau départ ? 

Le film se lance et l’appréhension me gagne. Va-t-on connaître un « remake » de l’épisode V « L’Empire Contre-Attaque » comme l’avait fait le VII avec l’épisode IV « Un Nouvel Espoir »?

Non. Seuls quelques éléments ont été puisés dans la formule de « L’Empire contre-attaque ». Le constat est évident : c’est une nouvelle vision de l’univers instauré par Lucas que nous délivre Rian Johnson crédité comme réalisateur et scénariste pour ce nouvel opus. Reconnu pour son travail sur la série Breaking Bad et le film Looper, Johnson avait pour mission de proposer une suite novatrice sans pour autant effacer les concepts déjà vus et revus dans les productions précédentes. Mission dont il s’est acquitté.

Du neuf, enfin ! 

Nouvelles planètes, nouvelles stratégies en temps de guerre, nouveaux personnages, nouvelles créatures… Ce huitième épisode apporte avec lui un véritable vent de fraîcheur sur la saga. Et celui-ci n’est pas que visuel puisque la Force, qui occupe une place de premier plan dans ce film, comprend également son lot de nouveautés ne serait-ce que pour les possibilités qu’elle offre.

Si tous les choix ne sont pas exceptionnels, ils ont le mérite de montrer que Star Wars, n’est pas (plus) uniquement ce que Lucas avait imaginé tout en conservant l’esprit de la franchise. D’ailleurs, certaines orientations que nous ne vous détaillerons pas ici semblent être puisées dans les comics/romans de l’Univers Etendu que Disney a pourtant renié après l’achat de la licence.

Le socle de ces nouvelles idées, quant à lui, est toujours le même : on redécouvre des concepts et des personnages directement influencés par l’idéologie nazie et la 2ème Guerre Mondiale, époque dont George Lucas s’était, lui aussi, largement inspiré.

Un scénario actuel 

La Deuxième Guerre mondiale, celle du Vietnam… Lucas s’est indéniablement inspiré de grands événements planétaires pour créer sa saga. Et s’il critiquait notamment les systèmes dictatoriaux par le biais de ses films, Rian Johnson a, lui aussi, misé sur des thématiques très matures et actuelles pour ce huitième épisode puisqu’il y est notamment question du terrorisme et de la vente d’armes.

Aussi, même si le scénario ne fait que l’effleurer, la « religion Jedi » est évoquée à plusieurs reprises. Le réalisateur/scénariste a d’ailleurs judicieusement omis de citer les midi-chloriens comme « explication » de la Force, une révélation qui avait fait grincer de nombreuses dents à l’époque de Star Wars I : La Menace Fantôme.

Un autre changement de direction notable concerne l’humour distillé tout au long du film. En effet, avec ce huitième épisode, on assiste à un véritable regain humoristique. Si les productions Star Wars étaient reconnues pour leur côté sérieux, l’humour est ici bien présent et assez justement dosé. Il est évident que cette manœuvre est labellisée « Disney » et a pour objectif d’accrocher un plus large public par un récit moins sombre.

Enfin, à défaut d’une scène mythique comme celle de « L’Empire contre-attaque » où Vador avouait à Luke être son père, nous avons droit à certaines scènes de climax qui ont été particulièrement travaillées et qui ne laissent pas insensibles.

Quelques fausses notes…

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Si ce dernier film en date de la Guerre des Etoiles nous a charmés, force est de constater qu’il présente néanmoins quelques défauts. Outre une scène de Leïa qui devrait marquer (négativement) les spectateurs, on discerne aussi une relation amoureuse peu subtile et même, artificielle.

Sans oublier, une certaine redondance de « modèles » de personnages-types qui, de film en film, sont toujours présents à l’écran. En d’autres mots, si de nouvelles personnalités font leur apparition, d’autres schémas se répètent sans arrêt tout au long de la saga. A cela, il faut ajouter quelques protagonistes secondaires qui ne servent à rien ou presque si ce n’est à servir de prétexte pour la vente de figurines par la suite. La marque du responsable marketing de Disney est bel et bien perceptible.

Et puis, si l’on veut chipoter, on spécifiera le manque de musiques. Star Wars s’est toujours distingué sur ce point et de manière magistrale. Or, pour « Les Derniers Jedi », les compositions musicales sont bien trop peu présentes à mon goût. Dommage.

Conclusion : un film épatant et un bon Star Wars 

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Nous avons donc passé un excellent moment avec ce Star Wars VIII : Les Derniers Jedi. Sans faire complètement table rase de ce qu’avaient mis en place ses prédécesseurs, Rian Johnson parvient à renouveler la franchise en prenant appui sur la base développée dans le septième opus ainsi que sur d’autres sources d’inspiration (WWII) qui servaient déjà de matériaux de base à l’époque de Lucas.

Malheureusement, la perfection n’existe pas et on regrette l’absence d’un retournement de situation à la hauteur du mythique « Je suis ton père! » Il en va de même pour la touche plus fun qui rend « Les Derniers Jedi » bien moins sombre que ses prédécesseurs visuellement et scénaristiquement parlant.

Néanmoins, ces points négatifs ne vont pas jusqu’à gâcher un épisode qui mérite d’incorporer la grande famille des productions Star Wars et qui relève la barre après un « Réveil de la Force » sans saveur ni surprise.

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