Son prochain comic-book, sa carrière, sa fierté : l’interview de Sean Murphy !

Le troisième week-end d’octobre, c’était l’occasion de se rendre à Gand pour FACTS, la plus importante convention geek du Benelux organisée en Belgique. Les invités ont répondu présents et parmi eux, on retrouvait un certain Sean Gordon Murphy. Pour les néophytes, sachez qu’il est question d’un artiste très talentueux au style rapidement reconnaissable comme on peut le voir sur Punk Rock Jésus, Tokyo Ghost et plus récemment, Batman : White Knight.

L’équipe de Comics Inside a donc profité de sa présence en Belgique pour l’interviewer.

C’est un honneur de vous rencontrer. En effet, vous êtes aujourd’hui un artiste incontournable qui a réussi à parfaire son style très particulier. Mais si on s’attarde sur ce dernier, on remarque qu’au cours des années, votre façon de dessiner a changé. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette évolution de style ?

J’ai toujours voulu réaliser des dessins très propres. Et au fil du temps, quand vous passez votre temps à essayer de dessiner encore et toujours le plus proprement possible, vous arrivez à un point de saturation : vous en avez tout simplement marre. Et puis, vous vous rendez compte que votre trait ne sera jamais parfaitement propre. J’ai alors opté pour une façon de dessiner plus « désordonnée ».

N’est-ce pas risqué de changer sa façon de dessiner si soudainement ?

Effectivement, mais je voulais vraiment réussir ce challenge. J’utilise le mot « challenge » parce qu’avec ce nouveau style, il existe une plus importante probabilité de commettre une erreur. Donc si vous parvenez à un résultat satisfaisant et l’améliorez, c’est une sorte d’accomplissement.

Et aujourd’hui, avez-vous atteint le niveau désiré en tant que dessinateur ou, au contraire, de nombreux challenges s’offrent encore à vous ? 

Je travaille toujours sur de nouvelles techniques que j’intègre à mon style. Quand vous regardez d’autres productions, vous découvrez de nouvelles façons de dessiner et vous tentez de vous les approprier. Et quand vous y parvenez, vous maîtrisez alors des outils et des techniques dont vous n’avez pas vraiment besoin. Par la suite, vous devenez suffisant, voire même paresseux, puisque vous vous contentez de vos acquis. Et puis vous découvrez, encore une fois, quelque chose de nouveau qui vous interpelle. Et ainsi de suite…

Sean_2

Concentrons-nous sur votre actualité : Batman White Knight. Que pouvez-vous nous dire sur cette période de votre vie? Préférez-vous vous atteler à des séries indépendantes ou vous consacrer à des personnages qui ont déjà une longue histoire derrière eux? 

J’aime les deux ! Batman est vraiment important à mes yeux puisque j’étais un grand fan du personnage lorsque j’étais enfant. J’adorais la série animée ! Et comme vous le savez, de nombreux artistes que je respecte ont eu l’opportunité de dessiner Batman. Je tenais à être le suivant. Néanmoins, l’homme chauve-souris présente une histoire riche et vous ne pouvez pas en faire ce que vous voulez. C’est pourquoi j’aime aussi les récits indépendants pour l’importante liberté qu’ils offrent.

Si vous aviez le choix absolu : vous pouvez dessiner ce que vous voulez. Que décideriez-vous de réaliser ?

J’ai déjà une histoire sur laquelle j’aimerais commencer à travailler prochainement : « The Plot Holes » [NDLR: le titre de ce comic-book peut changer d’ici sa sortie]. Je n’en ai encore jamais parlé jusqu’ici. C’est un récit où des personnages voyagent dans différents mondes pour les sauver. Si je devais établir une comparaison, je dirais que ça se rapproche de la série télé « Quantum Deep ».

Vous avez déjà une belle bibliographie à votre actif. Parmi tous les comics sur lesquels vous avez laissé votre griffe, quel est celui dont vous êtes le plus fier ? 

Punk Rock Jesus. Pour revenir aux origines de ce projet, c’était vraiment… dangereux. Dangereux parce que je m’attaquais à une religion. Et d’ailleurs, DC n’en voulait pas. Dès lors, convaincre une si importante société d’accepter un livre où Jésus Christ adresse un gros « fuck » à l’Amérique n’a vraiment pas été facile. Et quand finalement, vous parvenez à défendre votre projet et que les décideurs de la maison d’édition vous laissent le réaliser, cela vous rend fier.

Aussi, j’ai été vraiment satisfait des ventes et des retours des lecteurs.

punck rock jésus

Merci pour cette interview et on vous souhaite le meilleur pour la suite de votre carrière!

Merci à vous !

 

3 commentaires

  1. Comment je suis over deg de l’avoir raté à Paris (j’étais pas au courant…) l’un des rares dessinateurs dont j’achète les œuvres les yeux fermés et pourtant je suis beaucoup plus manga…

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