Des Milliers de Plumes Noires : l’univers de Lemire et Sorrentino passe la deuxième !

Jeff Lemire et Andrea Sorrentino ont l’intention de créer un univers connecté qui tourne autour de l’horreur. Celui-ci comprendra de nombreux récits, tous autonomes, mais liés entre eux par des éléments récurrents. La premier jalon avait été posé avec Le Passage, un récit introductif bien pensé, original et sublimé par les dessins de Sorrentino, mais qui n’en restait pas moins qu’un premier essai, une introduction.

Urban Comics nous permet donc déjà de mettre les mains sur le deuxième volume, Des Milliers de Plumes Noires. On y suit deux adolescentes, Trish et Jackie, rapidement devenues de très bonnes amies jusqu’à ce fameux jour où Jackie a disparu. Trish choisit alors de quitter la ville après avoir été acceptée à l’université. Et il faudra attendre plusieurs années avant de la voir revenir sur les lieux de la disparition de son amie. Trish y réapparaît en tant qu’adulte, et romancière à succès grâce aux histoires que Jackie et elle inventaient petites.

Jeff Lemire nous gratifie donc de ce qu’il sait faire de mieux : l’exploration des relations qui lient ses personnages et des thèmes qui lui sont chers comme l’enfance, le passage à l’âge adulte et les changements que cela implique. Une belle réussite à cet égard, tout comme au niveau de l’ambiance instaurée et de la richesse de l’univers décrit.

Et l’horreur dans tout ça ? Evidemment, elle est bien présente. D’abord, par la disparition de Jackie que l’on pressent très vite comme surnaturelle. Ensuite, par cette voix qui ne cesse d’interpeller Trish pour lui ordonner de la rejoindre. Et enfin, il y a ces oiseaux qui poursuivent la jeune fille où qu’elle aille. L’effet est des plus réussis puisque les lecteurs ne cesseront de se demander où se situe la frontière entre la réalité et la fiction dans ce monde où rien n’est ce qu’il semble être.

Le mystère, le fantastique et le sordide se cotoyent donc à nouveau dans ce deuxième volume. Mais l’impression que Lemire a décidé d’enclencher la deuxième après Le Passage est palpable. Comme si chaque pan du récit avait été plus travaillé. Des protagonistes plus élaborés aux dialogues mieux ficelés en passant par une trame plus riche, Des Milliers de Plumes Noires possède les arguments nécessaires pour convaincre son lectorat.

Cependant, on regrette que, comme pour Le Passage, Lemire décide de garder secrètes certaines réponses aux questions qu’il pose. En plus de déstabiliser, le procédé donne parfois l’impression que l’auteur lui-même s’éparpille quelque peu dans ses idées. On espère qu’il n’en est rien et on se languit déjà d’attendre la suite de ces récits horrifiques.

Enfin, citons l’excellent travail d’Andrea Sorrentino qui ne peut s’empêcher de parfaire son art. On lui doit, en grande partie, les ambiances angoissantes de ce récit grâce à un style sombre dont il s’est fait le digne représentant.

En conclusion, le Mythe de l’Ossuaire gagne en intérêt avec cette deuxième histoire, Des Milliers de Plumes Noires. Après Le Passage, Jeff Lemire délivre un volume d’autant plus réussi qui provoque un fort sentiment d’impatience quant à la sortie du prochain comic-book qui intégrera cet univers. Pour l’instant, l’horreur est au rendez-vous grâce aux dessins du talentueux Sorrentino et aux concepts de Lemire savamment saupoudrés d’inspirations lovecraftiennes.

Note : 8/10

R.L.

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