Mafia Definitive Edition : L’ambiance des plus grands films du genre retranscrite avec brio

En 2002 sortait Mafia: The City of Lost Heaven, un titre magnifique pour l’époque proposant un scénario qui rivalisait avec certaines productions cinématographiques du genre et une ambiance maîtrisée dans un monde ouvert où la pègre occupait le rôle principal. Théoriquement, il y avait donc tout à gagner avec la refonte d’un tel jeu vidéo, et ce malgré les nombreuses attentes des joueurs de la première heure. Joueurs qui grincèrent des dents à l’annonce du studio en charge du remake : Hangar 13, les responsables du fiasco Mafia 3.

Retour sur le remake (Xbox One, PS4 et PC) de l’un des titres majeurs du début de ce siècle.

Une ambiance aux petits oignons !

Le premier constat est sans appel : les graphismes ont bénéficié d’un lifting, et quel lifting ! Les carrosseries brillent, les quartiers et les habitations qui le composent recèlent de détails tandis que les jeux de lumières n’ont plus rien à voir avec l’opus original. Puis, il y a l’ambiance sonore. Entre les dialogues que votre personnage tiendra avec ses acolytes de la pègre et les musiques sonnant toujours justes, l’immersion est également garantie à ce niveau.

Quant au scénario, il faut admettre que les risques étaient moindres pour Hangar 13 qui bénéficiait déjà du très bon matériau d’origine. L’histoire prend place dans les années 30, période qui suit le krach de 1929 et pendant laquelle la prohibition est encore d’actualité, autant dire que les conditions nécessaires à l’expansion de la mafia sont réunies avec, d’un côté, de nombreux individus prêts à accepter toutes sortes de boulot pour se sortir de la misère et, de l’autre, un marché lucratif, celui de l’alcool de contrebande. C’est dans ce contexte qu’on découvre Tommy Angelo, un taximan qui, un beau jour, se voit embarquer dans une course-poursuite. Paulie et Sam, deux mafieux, se précipitent dans son véhicule et lui demandent de les aider à semer leurs poursuivants. De fil en aiguille, Tommy obtiendra ses galons dans la famille du parrain local, Don Salieri. Pour y parvenir, il devra s’occuper des tâches les plus ingrates, réclamer de l’argent auprès des commerces protégés par les siens, et occuper des rôles plus importants, comme le meurtre de rivaux particulièrement dangereux. A cet égard, le studio ne s’est pas contenté de copier bêtement la formule de 2002 puisque des cut-scenes ont été ajoutées et les relations entre les personnages ont gagné en profondeur et subtilités pour notre plus grand plaisir.

Autrement dit, on frôle le sans-faute côté ambiance et histoire, le tout sonnant plus juste encore qu’en 2002. Et ce n’est pas tout puisqu’il ne faudrait pas oublier la ville de Lost Heaven. Cette dernière grouille de vie et, si elle ne propose aucune mission annexe, les lieux n’étant qu’un prétexte à la balade et à la contemplation, force est de constater que les réactions des nombreux PNJ renforcent l’immersion. Ainsi, bloquer une rue sans raison entrainera des coups de klaxon alors que manquer de renverser un piéton provoquera la colère de ce dernier qui n’hésitera pas à vous le faire savoir. Le réalisme est donc bien de la partie.

Mais qui dit Hangar 13…

Si cette nouvelle version de Mafia 1 sublime l’ancienne, tout n’est pas rose pour autant au pays des remakes.

Du côté du gameplay notamment, on retrouve encore des carences déjà observées dans Mafia, troisième du nom. Tout d’abord, les gunfights restent bien trop molles à notre goût, et ce malgré des scènes d’action plus fluides qu’en 2002 et des missions assez épiques. Les échanges de tirs sont loin d’être nerveux et le système de couverture tout comme le menu des armes n’innovent en rien. Autrement dit, le jeu propose le minimum syndical pour ne pas vous faire décrocher de l’aventure, sans pour autant vous offrir un moment inoubliable pour ce qui est de l’action pure et dure. D’ailleurs, il en va de même pour les combats aux corps à corps. Revus et corrigés, ceux-ci ne se traduisent que par deux touches : l’une pour contrer, l’autre pour frapper. Simple et amusant mais guère mémorable, une fois encore.

En face, l’opposition sera parfois nombreuse mais ne comptez pas sur l’intelligence artificielle pour vous offrir un véritable challenge, et ce même s’il vous est possible d’activer un paramètre vous obligeant à respecter le code de la route sous peine de vous voir rattraper par la police. Dans les faits, les ennemis viendront se placer régulièrement dans votre viseur et certains n’hésiteront pas à traverser le champ de bataille totalement à découvert pour se mettre à l’abri…

Enfin, on retrouve aussi des bugs qui viendront mitiger l’expérience. Hangar 13 remet le couvert à ce niveau avec des PNJ qui apparaissent comme par magie devant vous, des corps qui traversent des parois solides et d’autres mauvaises surprises… D’ailleurs, les animations de votre personnage ne sont pas en reste entre des déplacements instantanés face à une porte que vous auriez ouverte sans vous trouver parfaitement en face de cette dernière et une gestuelle limitée en matière d’infiltration et de course.

Pourtant, tout n’est pas à jeter, loin de là, comme c’est le cas pour la conduite de véhicules. A cet égard, Hangar 13 est parvenu à offrir aux joueurs des sensations proches de ce qu’on attend du maniement de voitures d’époque tout en proposant des courses-poursuites rythmées.

Remake de bonne facture ou nouveau raté pour le studio ?

Avant la note, il est bon de rappeler que Mafia n’est en rien comparable avec la plus grande licence du genre, Grand Theft Auto. Dans le jeu d’Hangar 13, le monde ouvert vous offre l’opportunité de distancer la police en passant par les rues souhaitées, de profiter d’une ambiance propre au contexte et… c’est tout. Hormis la recherche de certains objets spéciaux, comme des magazines, la carte est vide de contenu puisque seule compte l’histoire principale.

Malgré cela, le titre parvient à convaincre et sans difficultés, qui plus est ! Ses bugs, ses animations datées et sa pauvreté en matière de contenu sont noyés au sein du magnifique travail réalisé par les équipes de développement, le tout prenant la forme de superbes graphismes, d’une bande-son magnifiée ou encore d’un scénario palpitant. Mafia : Definitive Edition est donc une réussite mais encore faut-il l’appréhender pour ce qu’il est : un jeu d’ambiance au scénario maîtrisé pour lequel le monde ouvert n’existe que pour appuyer la quête principale.

Note : 7/10

R.L.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.