Final Fantasy VII Remake : un épisode splendide mais imparfait

Un nouveau titre Final Fantasy, c’est toujours un événement en soi dans le paysage vidéoludique. Après un quinzième épisode laissant de côté le tour par tour pour plus d’action et de dynamisme, il va sans dire que ce remake de l’un des FF les plus appréciés de la série était attendu au tournant !

Et pour cause, premier titre de la franchise à sortir en 3D sur la première Playstation, Final Fantasy VII aura marqué de nombreux joueurs de l’époque. Avec une aventure épique, des personnages hauts en couleur et des graphismes magnifiques : Cloud et ses amis ont aisément conquis le public visé. De retour sur PS4 pour notre plus grand plaisir, sont-ils à la hauteur des attentes ?

Un remake magnifique

Que l’on ait joué ou non à la version de 1997, le choc esthétique est garanti avec ce remake tant les secteurs de la ville de Midgar que l’on visite sont magnifiques. Les personnages, eux aussi, ont bénéficié de la technologie actuelle et que dire des cinématiques si ce n’est qu’elles marqueront les fans comme elles l’ont fait il y a plus de 20 ans avec la première version ! Sublimes, on vous dit !

Ensuite, on plonge directement dans le feu de l’action avec la partie de l’aventure que Square Enix nous avait proposée en démo. Après une superbe entrée en matière, les bases du scénario se dévoilent au cours des premiers dialogues : le joueur contrôle Cloud, un soldat au passé mystérieux. Celui-ci vient d’intégrer les rangs d’Avalanche, une organisation terroriste qui s’en prend à la Shinra. Cette dernière est une entreprise toute puissante qui spolie allègrement la Mako, l’énergie vitale de la planète. Vous l’aurez compris, le message est clair et prône des valeurs écologiques. Si ce discours n’est pas amené avec subtilité, bien au contraire, il en va autrement du reste du scénario qui, lui, ne vous offrira pas toutes les clés de compréhension de l’histoire sur un plateau. La narration, comme d’habitude dans les jeux de la série, est maîtrisée et mise fortement sur le suspense, nous poussant à aller de l’avant pour connaître le fin mot de l’histoire.

Enfin, les musiques renforcent, elles aussi, l’immersion avec des compositions magnifiques. Quant aux dialogues, les voix françaises tiennent la route et les expressions de visages, sans constituer ce qu’on a vu de mieux à ce jour, satisferont à coup sûr les joueurs que nous sommes.

JRPG ou Action/Aventure : Square Enix choisit l’entre-deux !

Les Final Fantasy, en Europe, sont le fer de lance des JRPG, là où le Japon préfère les Dragon Quest. Dans ce style de jeux, on retrouve généralement une quête épique et, pour mener à bien cette dernière, un gameplay stratégique misant sur le tour par tour. Or, le quinzième Final Fantasy, dernière aventure solo en date avant ce remake, mettait en avant une nouvelle façon d’aborder les combats. En effet, fini le tour par tour où chaque action contre un boss était source de réflexion. A la place, un système plus vif, plus bourrin et très rapide offrant bien plus d’action. Le but avéré étant, évidemment, de convaincre le grand public via des affrontements plus dynamiques et surtout, plus simples à prendre en mains.

Pour ce Remake du VII, la formule a, encore une fois, évolué : si vous pouvez toujours choisir le tour par tour, le système de base et largement mis en avant par Square Enix consiste à vous battre en temps réel. Pour faire simple, « frapper » ne mettra pas le jeu en pause et ne nécessite pas de mana et donc pas de temps d’attente. Il en va de même pour la roulade et la parade. Cependant, si vous désirez utiliser un objet ou encore lancer un sort/une technique spéciale, vous devrez remplir votre jauge ATB en frappant l’ennemi notamment. Une fois que cette jauge sera pleine, vous pourrez arrêter le temps pour choisir une compétence à utiliser. Il vous est également possible de passer d’un personnage à l’autre en plein combat ou encore, de simplement donner un ordre à un coéquipier quand sa jauge sera pleine par exemple. Et puis, l’ennemi présente lui aussi plusieurs jauges : à force de percer ses failles, vous le fragiliserez et remplirez sa barre de choc. Quand cette dernière sera complète, votre adversaire tombera au sol et sera très sensible à vos coups pendant une durée déterminée. De quoi ajouter une dose de piments aux affrontements bien pensés.

Le résultat est bien plus appréciable qu’il ne l’était pour le quinzième opus puisqu’il marie un gameplay dynamique, tel qu’on en voit dans les jeux d’action, et des choix stratégiques comme en offrait le tour par tour. En d’autres mots, Square Enix a peut-être mis le doigt sur le système qui plaira à tous, fans de la première heure et néophytes.

Mais un JRPG, ce n’est pas qu’un gameplay. Il faut également compter sur la possibilité d’améliorer ses personnages en les faisant monter de niveaux pour acquérir de nouvelles compétences. Ici, le système d’évolution s’appuie sur l’utilisation de matérias. De petites sphères que vous pourrez ajouter à votre arme, chaque équipement présentant un nombre défini de matérias qu’il peut accepter. Vous devrez alors faire des choix : prendre une arme aux statistiques élevées ou, une autre, moins puissante mais offrant la possibilité d’y inclure deux ou trois matérias. Et ce n’est pas tout puisqu’il vous faudra ensuite sélectionner vos matérias avec soins avant un combat : l’ennemi est sensible à l’électricité ? C’est parti pour une matéria de foudre ! Plus de potions sur vous ? Il vaut mieux prendre une matéria de soins ! Sans oublier que ces sphères évoluent elles aussi en gagnant de l’XP. Une matéria de foudre, si elle est équipée régulièrement, deviendra une matéria d’extra-foudre et ainsi de suite.

Si le gameplay de combat nous a séduit, il n’en est pas de même pour le système d’évolution basé sur ces matérias. Bien trop simpliste, il ne propose que trop peu de possibilités. Il en va de même pour les améliorations d’armes qui passent par un système succinct qui consiste à activer des bonus via des points d’action acquis via le leveling. De plus, les quêtes annexes permettant d’obtenir des objets uniques – équipement, matérias, etc.- sont bien trop rares pour un Final Fantasy et sont pour la plupart complètement dénuées d’intérêt. On se retrouve avec des missions Fedex de type : tuer le monstre dans l’usine ou encore, trouver trois chatons dans le bidonville. Rien de bien épique… Si l’envie vous venait tout de même de compléter tous les objectifs annexes, sachez que vous allongeriez au maximum votre durée de jeu d’une petite dizaine d’heures portant le total à 50. C’est peu pour un FF…

On se dit alors que si le joueur n’est pas récompensé outre-mesure par les quêtes secondaires, il sera rétribué par l’exploration mais, ici encore, le bât blesse. Les zones à explorer sont délimitées et restent (très) réduites. De plus, hormis les objectifs de quêtes secondaires et l’un ou l’autre coffre, vous ne trouverez pas de quoi rassasier un fan d’open-world puisque d’open-world, vous n’aurez que quelques ruelles à vous mettre sous la dent.

Conclusion

Final Fantasy VII Remake est un épisode marquant. Tout d’abord pour son histoire dans le monde du jeu vidéo : il aura marqué une génération de joueurs il y a plus de 20 ans et revient dans de magnifiques atours aujourd’hui pour séduire une nouvelle vague de fans. Ensuite, pour son scénario toujours aussi prenant et mettant en avant des personnages travaillés dont Cloud, l’un des préférés des fans de la franchise. Et puis, côté graphismes, Square Enix a également mis les petits plats dans les grands avec, notamment, de somptueuses cinématiques. Le gameplay d’époque a lui aussi été revu et offre un style de jeu en adéquation avec son temps, soit des combats dynamiques misant sur des actions stratégiques comme pouvait en offrir le tour par tour.

Pourtant, tout n’est pas parfait au pays des JRPG. Le système d’évolution des armes et des personnages aurait pu (dû?) être plus poussé (Gloire au sphérier de FFX!). Avec cela, ajoutez une quête principale très guidée en « mode couloirs » et l’absence d’un open-world digne de ce nom. En conclusion, il y a à boire et à manger dans ce Remake qui plaira sans conteste au nouveau public que cherche à atteindre Square Enix tout en recréant un sentiment de nostalgie chez les joueurs de la première heure. Néanmoins, ces derniers se lasseront probablement assez vite de cette mouture qui, rappelons-le, sera divisée en trois épisodes. La conséquence de cette décision est sans appel : comptez moins de 50 heures de jeu pour terminer cette histoire linéaire, immersive et touchante.

NOTE : 7/10

R.L.

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