Un Cœur Pur : des meurtres, de l’amour et des ados !

Parfois, au milieu d’un rayon de notre librairie préférée, on tombe sur un écrit différent. Différent par sa couverture, premier contact avec le lecteur. Celle d’Un Cœur Pur est sobre : deux jeunes sont dessinés de dos et marchent dans un fleuve salit par une traînée de sang. Un premier dessin sobre et efficace qui aura le don d’annoncer la couleur : Un Cœur Pur est un récit à part comme on en voit peu. Explications.

On découvre une ville, Alexandria, comme les autres. Les jeunes se réunissent aux concerts de groupes locaux, sortent entre eux, découvrent l’amour et s’interrogent sur leur futur. Sauf que très vite, un sentiment de malaise vient cogner à la porte du lecteur : où sont passés les adultes ? Et puis, qui est à l’origine des quelques meurtres venant rompre la vie estudiantine d’Alexandria ?

Pour répondre à ces questions, Liz Suburbia, la scénariste et dessinatrice d’Un Cœur Pur, nous présente son personnage central : Ben Schiller. Une adolescente aux allures de garçon manqué qui passe son temps à regarder des films avec son meilleur ami, Otto, et à chercher sa sœur Empathy, puisque celle-ci disparaît régulièrement durant des jours entiers sans donner le moindre signe de vie.

Récit de vie, Un Cœur Pur nous balade petit à petit au sein des rues, des maisons, de l’école… de la ville. On y observe la vie d’étudiants livrés à eux-mêmes. Les uns créent leurs propres mondes et se trouvent de nouvelles vocations quand les autres se contentent de vivre une vie tout à fait « normale », et ce malgré la situation singulière qui les entoure (l’absence des adultes et la présence d’un meurtrier dans les rues).

Comme l’on pouvait s’y attendre, l’ambiance et la narration sont les principaux moteurs de cette histoire et rappellent sans conteste d’autres récits majeurs comme Black Hole de Charles Burns. On y suit la vie d’une communauté pour laquelle on sait qu’il n’arrivera rien de bon et où se cachent des âmes torturées.

A contrario, le dessin aura le don de calmer les esprits puisque assez caricatural, celui-ci inspire bien peu la peur et le malaise. Seule l’utilisation du noir et blanc provoquera une cure de rappel au lecteur : Un Cœur Pur n’est pas l’une de ces lectures sereines à lire au coin du feu.

En d’autres mots, lire Un Cœur Pur est une expérience assez particulière : on y découvre une communauté d’adolescents et d’enfants livrés à eux-mêmes et confrontés à l’amour, à la découverte de soi mais également à la mort et au meurtre. Ces nombreux thèmes sont mis à l’honneur par Liz Suburbia dans un style très personnel afin d’offrir aux lecteurs un récit malsain et bien ficelé qui ravira tous les fans du genre.

Note : 8/10

R.L.

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