Silver Surfer – Parabole : nouvelle édition pour cet ouvrage emblématique

Le Silver Surfer reste un personnage qui, pour beaucoup, est synonyme de grâce et de maturité. Ce dernier adjectif est peut-être celui qui lui sied le mieux tant le héraut de Galactus offre à ses scénaristes l’opportunité de créer des histoires avec plusieurs niveaux de lecture allant du questionnement philosophique à des thématiques plus concrètes.

Dès lors, lorsque le grand Stan Lee annonça qu’il allait collaborer avec Mœbius, dessinateur français de bandes dessinées à qui l’on doit, entre autres, les dessins de BlueBerry et de L’Incal, la nouvelle fit grand bruit. L’idée d’une collaboration franco-américaine entre les deux hommes jaillit lors de la grande messe des comics, le San Diego Comic Con, après quoi le papa des X-Men s’était empressé d’envoyer son scénario à Mœbius, scénario que ce dernier valida sans plus attendre. La concrétisation de ce projet fut à la hauteur des espérances et quelle ne fut pas notre surprise lorsque Panini Comics annonça une nouvelle édition pour ce récit emblématique comprenant une couverture amovible pouvant faire office de poster et présentant un format particulier de 26 centimètres sur 36. Un bel écrin proposé par l’éditeur pour la réédition de ce récit unique.

Sous la couverture-poster, on découvre un Surfer caché de tous grâce à un vieil accoutrement et qui se contente d’observer la vie autour de lui. Cette routine touchera à son terme lorsque, sans crier gare, Galactus débarquera sur la planète. Considéré par la population comme une divinité descendue du ciel, le surpuissant Galactus en profitera pour mettre à mal la Terre pendant que son héraut, impuissant, ne pourra que constater l’étendue des dégâts.

Si ce récit est bien plus court qu’un comic-book et plus proche d’une BD européenne à ce niveau (80 pages, bonus compris), Stan Lee n’a pas eu besoin de plus de pages pour pondre un scénario complet et profond. Car oui, le pitch, simple de prime abord, aborde plusieurs thématiques comme la solitude, le conditionnement des masses, la religion ou encore, la quête de la vérité. Dans les faits, c’est par l’intermédiaire du Surfer d’Argent que ces questions seront posées, lui qui ne fait plus partie de l’espèce humaine et qui ne cesse de s’interroger à son propos.

Si certains thèmes, comme la solitude, se résument à quelques phylactères seulement, ils bénéficient toujours du talent d’écriture de Stan Lee et sont magnifiés par les compositions graphiques élaborées par Mœbius. L’artiste a choisi de s’approprier les codes des comics tout en ne faisant pas fi de son style simple, efficace et original pour un résultat tout bonnement incroyable. Certaines planches resteront d’ailleurs longtemps en mémoire grâce au trait et à la palette de couleurs choisis. A cet égard, on ne peut qu’être stupéfié devant la stature imposante de Galactus et l’impression de surpuissance que lui confère le dessin. Et que dire des faciès en gros plan qui rappelleront sans conteste à quel point le dessinateur de Blueberry était bourré de talent.

Mais, comme l’on peut s’en rendre compte à la lecture des bonus présents dans l’ouvrage, parvenir à un tel niveau ne fut pas chose aisée. Au contraire, Moebius a notamment souffert lorsqu’il était question de réaliser le lettrage de « Parabole » à cause d’un niveau d’anglais qui laissait à désirer. Sans oublier les petites surprises que lui réservait Stan Lee comme l’envoi d’un synopsis « brut » de plusieurs pages laissant beaucoup de liberté au dessinateur quand, en France, la pratique courante consiste à recevoir de la part du scénariste un descriptif très détaillé de chaque page.

Pour info, sachez également que ces bonus comptent un bref résumé de l’histoire de Métal Hurlant, magazine dont Mœbius était l’une des figures marquantes.

Et puis, un mot sur cette nouvelle édition offerte par Panini Comics qui, même si elle reste peu maniable à cause de son grand format, transforme tout de même un récit majeur en véritable objet de collection qui devrait ravir les fans.

En conclusion, c’est un Surfer élégant, gracieux et encore plus spirituel que d’accoutumée qu’il nous est donné de découvrir sous la plume de Stan Lee et sous le crayon de Mœbius. Si l’on pouvait présager du succès de cet improbable duo franco-américain en se basant sur le talent des deux hommes, le résultat final reste une surprise à bien des égards tant chacune des relectures de ce même récit devrait faire émerger de nouvelles réflexions chez le lecteur.

Si nous n’avons qu’un conseil à vous donner, c’est de foncer chez votre libraire pour vous plonger dans cet affrontement moral et surprenant qui oppose le dévoreur de mondes et son héraut, le Surfeur d’Argent.

Note : 9/10

R.L.

 

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