Star Wars – Capitaine Phasma : l’armure étincelante ne fait pas tout

Films, comics, romans, peluches, figurines… le constat est évident : Disney a choisi de capitaliser à outrance sur la franchise Star Wars. Si certaines nouveautés font la joie des petits et des plus grands, d’autres ne parviennent pas à faire oublier qu’elles ne doivent leur existence qu’à leur potentiel commercial. A cet égard, on pense rapidement aux Porgs, ces petites créatures mignonnes dont les peluches auront vite fait de convaincre les plus jeunes de les adopter. Pour le reste, ces Porgs ne présentent pas de réel intérêt, leur rôle dans les films et autres médias se résumant à de succinctes interventions humoristiques très dispensables. Et c’est également le cas de la Capitaine Phasma, un sbire du Premier Ordre vêtu d’une armure clinquante, dont les principales apparitions devraient principalement se concentrer sur les étagères de nos commerces. Et ce ne sont pas les films qui vont nous donner tort puisque la protagoniste en question n’a eu droit jusqu’ici qu’à quelques scènes anecdotiques et (attention: SPOILER si vous n’avez pas vu l’épisode VIII : Les Derniers Jedi) à un retour aussi inattendu que malvenu puisque, vouée à une mort certaine dans « Le Réveil de la Force », Phama a bénéficié d’un retour à la vie orchestré par Disney et Rian Johnson dès le film suivant et sans une once d’explication.

C’est alors que fut annoncé un comic-book sobrement intitulé « Star Wars : Capitaine Phasma ». Très attendu, le récit doit non seulement révéler le fin de mot de l’histoire quant à la « résurrection » de la Capitaine entre les épisodes VII et VIII mais également donner de la consistance à un personnage qui en a bien besoin.

Une seule page en guise d’explication

Sans en dire trop, sachez que l’explication que tous les fans attendent se résume à une seule page, la première du comic-book en question. Autrement dit, si vous désirez acheter « Star Wars : Capitaine Phasma » uniquement dans le but de connaitre le subterfuge choisi pour ne pas faire mourir le personnage à la suite du septième épisode, nous ne pourrons que trop vous conseiller de simplement feuilleter l’ouvrage chez votre libraire…

Néanmoins, si l’on espérait une plus grande place pour cette péripétie, « Star Wars : Capitaine Phama » présente tout de même certaines qualités qui devraient rassasier les fans comme son scénario qui, sans marquer les esprits, reste plaisant et sied au personnage. L’histoire commence tout juste après que Phasma ait été jetée dans le compacteur à ordures (Voir l’épisode VII). Elle réussit donc à s’en tirer et constate qu’un témoin connaît la vérité : le lieutenant Sol Rivas a découvert que la Capitaine est responsable de la désactivation des boucliers qui protégeaient la base StarKiller. Dès lors, s’ensuit une chasse à l’homme qui conduira Phasma sur la planète Luprora.

Cette intrigue, somme toute assez sympathique dans l’ensemble, est à mettre au crédit de Kelly Thompson (Captain Marvel & The Carol Corps, Heart in a Box, etc.) qui a eu la bonne idée d’introduire quelques (rares) clins d’œil au septième film comme le passage où l’on redécouvre au loin le combat qui opposa Rey à Kylo Ren dans le Réveil de la Force. Si ces références permettent de situer précisément le moment de l’action par rapport aux films, elles renforcent également l’immersion au sein du scénario de Thompson.

D’ailleurs, côté immersion, la scénariste est bien aidée par le dessinateur du titre puisqu’il est question de l’étoile montante de Marvel, Marco Checchetto, que l’on avait déjà pu voir à l’œuvre sur les Ruines de l’Empire ou encore sur La Citadelle Hurlante. Comme d’accoutumée, si les visages humains sont soignés, ce sont les vaisseaux et les combats spatiaux qui profitent le plus du style de ce génie artistique. Sans oublier les armures de stormtroopers qui, sous le trait de l’artiste, se transforment en véritables œuvres d’art. La responsabilité qui reposait sur les épaules du coloriste Andres Mossa n’en était que plus lourde : mettre en évidence les nombreux détails dépeints par Checchetto. Et c’est chose faite : les couleurs ont été choisies avec parcimonie et rendent honneur aux superbes planches dessinées par le prodige italien.

Pourtant, aussi beau soit le résultat, il ne parvient pas à combler les carences du titre. A ce propos, hormis un mystérieux flashback, n’espérez pas en apprendre plus sur Phasma avec ce récit. Au contraire, on ne peut s’empêcher d’établir la comparaison avec un certain Boba Fett qui a bien souvent hérité d’aventures divertissantes où l’action occupait une place importante sans pour autant bénéficier d’un récit à la hauteur de son potentiel. On pourrait presque intervertir les deux personnages à notre guise tant cette aventure dédiée à la Capitaine du Premier Ordre est assez proche de celles que vivait le redoutable chasseur de primes.

C’est donc avec un sentiment mitigé que l’on ressort de cette histoire. D’un côté, Kelly Thompson nous sert une trame scénaristique plaisante qui met en avant un personnage sous-exploité jusqu’à présent et, de l’autre, cette même scénariste ne prend aucun risque et ne nous apprend rien de plus (ou presque) sur le personnage. Et si Marco Checchetto démontre encore une fois qu’il transforme tout ce qu’il touche en œuvre d’art, il en faudra tout de même plus à la Capitaine Phasma avant de conquérir le cœur des lecteurs.

Note : 6/10

R.L.

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