Black Panther – Ennemi d’Etat : quand T’Challa se frotte à l’Amérique

A la fin des années 90, la Maison des Idées tient à insuffler un vent de fraîcheur dans ses publications. L’objectif étant de donner un nouvel élan à ses super-héros. Pour ce faire, il est, notamment, décidé de confier les rênes des aventures de la Panthère Noire à un talentueux auteur afro-américain : Christopher Priest (Luke Cage, Quantum & Woody, etc.).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons qu’il est conseillé d’avoir lu « Qui est la Panthère Noire? » au préalable. Cet « Ennemi d’Etat » reste très accessible mais connaître les origines du personnage offre tout de même le luxe de saisir de petits détails concernant les motivations et la personnalité du chef d’Etat wakandais. Pour le reste, l’auteur n’hésite pas à rappeler, à plusieurs reprises, les principaux faits qui ont façonné l’histoire du super-héros africain.

Des péripéties originales, en veux-tu ? En voilà ! 

Dans ce comic-book, T’challa est bien loin de son pays puisqu’on le retrouve aux Etats-Unis tentant d’élucider une affaire de meurtre. Une petite fille a été tuée et il s’agit ni plus ni moins de la gamine choisie pour être prise en photo dans les bras du chef d’Etat wakandais dans le cadre d’une campagne promotionnelle en faveur d’une œuvre de charité.

Ce qui oblige le héros à revenir sur les terres de l’Oncle Sam pour y dénicher l’assassin et mettre fin au scandale qui salit son nom.

Première constatation : si « Qui est la Panthère Noire? » manquait quelque peu d’originalité, « Ennemi d’Etat » comble abondamment ce manque. Les péripéties s’enchaînent à une vitesse prodigieuse au point, par moments, de déstabiliser le lecteur.

A cet égard, autant Christopher Priest fait preuve d’originalité dans son récit, autant sa narration laisse à désirer. D’abord, parce que le scénario consiste en un compte-rendu, celui d’un agent censé suivre et protéger le roi du Wakanda sur le sol américain. Ensuite, ce compte-rendu ne nous est pas transmis selon le traditionnel triptyque « début-milieu-fin de l’histoire ». Ici, on va plutôt de flash-back en flash-back. Si le procédé a le mérite d’être ambitieux, original et même plutôt bien utilisé par l’auteur, il aura malheureusement tendance à perdre le lecteur pour peu que celui-ci ne soit pas un adepte de la technique ou encore, s’il choisit de lire ce comic-book en plusieurs fois.

Malgré cela, la première partie, qui voit T’Challa débarquer à New-York avec ses acolytes et affronter des super-vilains au cours de son enquête, reste passionnante. Que ce soit contre le chasseur ou de simples malfrats américains, le moins que l’on puisse dire est que les confrontations sont, pour la plupart, très rythmées. Au même titre que l’enquête qui conduit à plusieurs rebondissements inattendus. La seconde partie, quant à elle, s’avère moins savoureuse. La faute à certaines ellipses perturbantes et à la volonté de miser un peu trop sur l’action.

Enfin, un mot sur les dessins (Mark Texeira, Joe Jusko, Mark Bright, Vince Evans, Joe Jusko, Amanda Conner, Mike Manley) qui retranscrivent assez justement l’histoire d’un homme, à la fois super-héros et roi, venu enquêter dans une ville qui n’a peur de rien ou presque. Mark Texeira est le dessinateur principal pour ce run et il s’avère être à la hauteur de ce que le récit exigeait : des ruelles sombres, un héros charismatique et secret et des combats musclés.

Aussi, fait très appréciable : la découverte d’un graphisme volontairement rétro pour illustrer des événements remontant à plusieurs années comme le passage où Captain America demanda pour la première fois à Black Panther s’il désirait rejoindre les Avengers.

Les dessins s’en sortent donc plutôt bien et il n’en est que plus regrettable de devoir passer par des changements de dessinateurs en cours de run.

Il y a donc à boire et à manger dans cet « Ennemi d’Etat ». D’un côté, ce comic-book édité en Select par Panini Comics fait le plein d’originalité et envoie T’Challa se frotter à des gangs new-yorkais et à des ennemis bien connus des lecteurs de Marvel lors d’une enquête palpitante. De l’autre, il propose une narration complexe qui mise sur le principe des flash-back et qui dessert quelque peu l’histoire. Hormis cela et les changements de dessinateurs au cours de la série, force est de constater que les têtes pensantes de Marvel ne s’y sont pas trompées en confiant la destinée de la Panthère Noire à Christopher Priest.

Note : 7/10

R.L.

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