Animosity (vol.1) : des débuts séduisants pour Snorgleux Comics

J’avais entendu tellement de bien du premier volume d’Animosity que je me suis décidé à lire ce comic-book afin de me forger mon propre avis. Edité par Snorgleux comics, un nouvel éditeur français, Animosity s’appuie sur un concept encore trop peu exploité dans la littérature : « l’éveil » des animaux. Entendez par là que toutes les espèces animales peuvent désormais communiquer avec autrui et ont conscience de leurs choix de vie et de leur place dans la chaîne animale.

Dans ce premier volume, c’est Jesse, une petite fille qui tient le premier rôle au côté de son chien, un fin limier nommé Sandor. L’histoire qui concerne ces protagonistes se divise en deux parties : dans la première, on découvre le « réveil » des animaux et la réaction de ceux-ci ainsi que celle des humains face à ce phénomène incompréhensible. Dans la seconde, Jesse et son chien traversent les Etats-Unis en quête du frère de la petite fille.

Un bon départ entaché par un manque de finition

Parmi les bons points de cette série, on retrouve le ton du récit qui est à la fois adulte et mature : certaines espèces animales n’hésitent pas à s’entre-déchirer, d’autres se regroupent et s’attaquent aux humains tandis que des hommes ne voient d’autres issues que de devenir des terroristes. En d’autres mots, on assiste à différentes situations où chaque animal, chaque être humain est mû de convictions propres et tente de trouver sa place dans le monde qui se dessine autour de lui.

A cela s’ajoute un questionnement quotidien, ou presque, des animaux sur leurs conditions de vie et leur nouvelle situation : comment doivent-ils vivre désormais ? Comment survivre dans ce « nouveau » monde ?

Le propos couché sur le papier par Marguerite Bennett est donc très intelligent et permet d’instaurer la réflexion chez le lecteur sans pour autant être la source d’une remise en question de son mode d’alimentation. Comprenez qu’Animosity n’est pas moralisateur et n’a pas pour but de rendre végétarien ses adeptes.

Les dessins de Rafael De Latorre, quant à eux, sont de bonne facture et le défi qui lui était imposé, celui d’humaniser des animaux, est réussi. Malheureusement, on perçoit ici et là quelques relâchements. Et c’est d’ailleurs un constat que l’on peut dresser à propos de tout ce que l’on découvre dans ce premier volume.

En effet, si ce dernier s’avère être plaisant, il n’en est pas pour autant parfait. Concernant le scénario, on évoquera les quelques longueurs du récit et des ellipses pas toujours appropriées puisque, via ce procédé, la narration fait l’impasse sur des moments forts qu’il aurait été agréable d’aborder en profondeur. Et, malheureusement, le dessin, aussi correct soit-il, n’arrive pas à transcender le récit.

Pour résumer, ce premier volume d’Animosity reste une entrée en matière tout à fait plaisante. Le postulat de départ, la maturité du propos et les réflexions proposées sur la condition animale sont autant de points forts pour ce début de série que seuls quelques défauts viennent ternir.

Note : 7/10

R.L.

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