Les enfants perchés de la Révolution : un début prometteur en plein Paris

1789, date phare de l’Histoire de France. C’est lors de cette année décrite dans tous les livres d’écoles que Jean-Sébastien Bordas (Les naufragés de la Méduse) place ses personnages pour Les enfants perchés de la Révolution, l’Affaire Réveillon, tome 1.

On y rencontre Michel, un fils d’artisan. Son père, un fier tailleur, lui a enseigné le b.a.-ba du métier, bien que le jeune garçon préfère la mécanique. Sur ses temps libres, il tente, avec ses maigres connaissances, d’assembler des boulons à des rouages pour reproduire des mouvements humains. Une vraie passion !

Puis, un beau jour, tout bascule. Les émeutes occupent son quartier, et son paternel disparaît. Selon son oncle, un pauvre hère incapable de se prendre en mains, le père de Michel est probablement mort durant le mouvement de protestations. Mais pour Michel, l’espoir ne se tarit pas ! S’il n’a aucune nouvelles de son père, c’est que ce dernier se trouve à la Bastille. Et on ne peut demander l’accès à la prison royale pour vérifier l’identité d’un captif, surtout quand on n’est pas plus haut que trois pommes…

Un début savoureux

Ce premier volume est une introduction à une histoire qui oppose deux atmosphères. Celle des enfants des rues qui, le sourire aux lèvres, chapardent et s’amusent du lever au coucher, à celle des heures les plus sombres de la Révolution française où les corps des émeutiers parsèment les carrefours de Paris.

Sans jamais verser dans le gore, loin de là, Bordas nous emmène dans les rues d’un Paris en proie à de grands bouleversements. Et que ce soit au travers des yeux de Michel ou d’un autre petit voleur en culotte courte, c’est toujours un plaisir de visiter la capitale française dans cette BD.

On ressent, d’ailleurs, déjà les fortes personnalités des personnages et il devient rapidement difficile de ne pas éprouver de la sympathie pour nombre d’entre eux. Même l’oncle de Michel, pourtant aux abois, présente cette petite touche qui nous pousserait à l’aider si on le rencontrait dans notre réalité. Et que dire des enfants des rues ! Peu mis en exergue — on rappelle que c’est un volume introductif —, ils se démarquent, en quelques pages à peine, les uns des autres pour offrir un condensé de caractères qu’il nous tarde de découvrir plus en détails.

Enfin, le dessin, souvent épuré, offre de belles expressions de visage, nous permettant de saisir toutes les motivations et émotions des protagonistes. Ajoutez à cela de magnifiques couleurs, aux tons sépias, qui participent à la réussite de cette bande dessinée et vous obtenez un bien bel ouvrage.

Ce premier volume de Les enfants perchés de la Révolution est donc une réussite qui parvient à nous introduire dans son univers historique grâce à ses personnages dignes d’intérêt et un dessin (sans oublier le jeu de couleurs !) simple et adapté.

Note : 8/10

R.L.

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