Silver : un cambriolage immersif au pays de Bram Stoker (Dracula)

Glénat Comics nous a régulièrement gratifié de très bons comics traduits et distribués sur le marché francophone. L’un des derniers en date se nomme Silver et se range dans le genre « fantastique ». Si les dessins de cette nouveauté ne m’ont pas convaincu de prime abord, j’ai finalement changé d’avis et choisi de laisser une chance à cette histoire de vampires.

Encore une ? Oui. Depuis quelques années, ces créatures assoiffées de sang humain sont revenues à la mode et on ne compte plus les publications qui les remettent au goût du jour avec plus ou moins de succès.

Immersion dans l’univers de Bram Stoker

James Finnigan est un cambrioleur dont la réputation n’est plus à faire. Alors qu’il se lance dans son dernier coup avec ses deux comparses, tout ne se passe pas comme prévu. D’une part, les trois voleurs passent à côté d’une coquette somme qui leur aurait permis de vivre sous les cocotiers pour le reste de leur vie mais, d’autre part, ce vol raté a tout de même permis à Finnigan de mettre la main sur un lingot d’argent et un journal intime. Ce dernier appartenait à un certain Harker qui y stipule qu’une montagne d’autres lingots est cachée en Transylvanie.

Suivant son instinct, le maître-cambrioleur flaire l’opportunité de se remettre en selle et décide d’agrandir son équipe en engageant quatre nouveaux partenaires : la descendante d’un certain Van Helsing, un jeune garçon pouvant voir l’avenir, un faussaire réputé et un acteur suffisamment brillant pour se faire passer pour un vampire. Leur objectif ? Infiltrer un château en Transylvanie pour y voler l’argent des vampires. Quand? Lors d’un rassemblement où ces derniers fêtent en quelque sorte leur vie de dissimulation au sein de la communauté humaine.

Une nouvelle histoire de canines acérées ? 

La cadence de ce premier volume de Silver est très rapide : Finnigan et ses acolytes cambriolent une résidence en guise d’introduction et quelques pages plus tard, les voilà déjà partis pour la Transylvanie. En conséquence, le background des personnages est mis en sourdine au profit de l’action mais quelques flash-back et allusions laissent penser qu’un prochain tome devrait combler ce manque. Autrement dit, ça va vite, même très vite et l’essentiel du récit mise sur l’action et le suspense qui en découle. Faire partie du voyage qui mène au château, choisir sa cible avec précaution, s’infiltrer dans l’antre du mal… Rien ne semble aisé dans cette aventure où une seule erreur pourrait conduire la fine équipe à la mort…

Et si, comme certains le penseront en apercevant ce comic-book sur les étagères de leur libraire, il s’agit bien d’une énième histoire de vampires, Silver réussit tout de même à se différencier de la concurrence grâce à une narration tirée au cordeau.

Petit à petit, on se prend au jeu : on observe Finnigan se faufiler au fil des pages dans l’enceinte du château et on se surprend à frémir à chaque instant où l’un des voleurs de l’équipe du héros pourrait être démasqué.

Par contre, j’ai éprouvé quelques difficultés à ne pas être critique vis-à-vis des dessins de Stéphan Franck. Les trames sont réalisées par ordinateur, ce qui a le don, selon moi, de défigurer le travail de l’artiste.

Le trait du dessinateur, quant à lui, renvoie plus au style franco-belge qu’aux comics. C’est d’ailleurs du côté de la construction des scènes que l’on retrouve l’influence américaine : les cases sont, d’ordre général, assez larges et apparaissent comme des scènes cinématographiques. Ce qui n’est pas anodin puisque S. Franck, scénariste et dessinateur de Silver, est aussi, en dehors de la bande dessinée, réalisateur et animateur. Il a notamment participé au film « Le Géant de fer » en tant qu’animateur superviseur ou encore à « Moi, moche et méchant » sous l’étiquette de directeur artistique. L’auteur a donc logiquement opté pour un récit sous forme de comics et non de bandes dessinées. « Le comics a toujours été l’une de mes passions les plus fortes, notamment les graphic novels du milieu des années 80. Ce médium combine l’immersivité, les possibilités d’introspection, avec la force visuelle du cinéma. » (Citation issue d’une interview réalisée par Glénat.)

La patte artistique de cet homme à tout faire et issu du cinéma est palpable : certaines pages ressemblent à une suite de story-boards et, incontestablement, le procédé fonctionne : l’action est intelligemment découpée et permet de s’immerger dans ce comic-book dont on ne regrettera que les dessins, peut-être un peu trop simplistes, et les trames réalisées à l’ordinateur.

Finalement, on découvre une introduction sans temps mort pour ce premier volume de « Silver ». Le background des personnages est passé sous silence, excepté pour quelques brides d’informations, au profit d’un premier volume bourré de suspense et d’action.

Bref, une belle entrée en matière qui ne demande qu’à être suivie par un second volume plus généreux en informations.

Note : 8/10

R.L.

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