Mutafukaz (vol.1) : un début explosif pour ce comic-book à la française

Critiquer un comic-book de 2006, c’est ce qui s’appelle avoir du retard. Pourtant, cette situation s’explique aisément : il y a des comics dont on ne remarque la présence sur l’étagère de son libraire que bien tard. Et pour ma part, Mutafukaz est à ranger dans cette catégorie. Mais la donne a changé lorsque je suis tombé par hasard sur le trailer du film tiré de cette série de comics. Explosive, cette vidéo a eu le mérite de m’ouvrir les yeux et de m’intéresser de plus près à cet OVNI.

Mais souhaitant ne pas gaspiller mes précieux deniers dans l’achat d’un comic-book sur la seule base d’une vidéo, j’ai choisi de me renseigner au préalable sur la qualité de Mutafukaz via des critiques postées sur le web. Au menu, catcheurs mexicains, invasion d’extraterrestres et guerre des gangs sur la côte Ouest américaine : il n’en fallait pas plus pour me convaincre de me laisser happer par cet univers déjanté !

D’ailleurs, il suffit de s’attarder quelques instants sur la première de couverture pour y voir la référence suivante : « Désapprouvé par le comics code ». Le ton est donc déjà donné.

Original, frais et novateur

Dans ce premier volume de Mutafukaz intitulé « Dark Meat City », le lecteur suit les aventures de Vinz et d’Angelino. Les deux compères vivent dans un appartement miteux sur la côte Ouest des USA au sein d’un quartier très malfamé et n’ont pas de quoi s’offrir une résidence plus confortable. Si les premières pages sont assez lentes, il ne faudra pas attendre longtemps pour voir les problèmes rattraper nos jeunes héros : Angelino, par exemple, se fera successivement renverser par une voiture, pourchasser par des inconnus avant de se voir mêler à une bien étrange affaire. Et ce n’est pas tout puisque l’ensemble de ces événements prend place au milieu de Dark Meat City, une ville en proie à une guerre de gangs. Run, auteur français largement influencé par les comics, n’a pas hésité pour l’occasion à parcourir une partie des Etats-Unis afin de s’imprégner de l’ambiance si particulière de la « West Coast ».

Autrement dit, si l’on excepte les quelques premières pages, l’aventure de Run prend très vite son envol pour le plus grand plaisir du lecteur et l’originalité du scénario place Mutafukaz sur la plus haute marche des récits « WTF ». Les personnages y contribuent également à l’image de Vinz qui présente un crâne enflammé en guise de tête ou encore d’Angelino qui considère les cafards de son appartement comme des animaux de compagnie.

Ce premier volume de Mutafukaz, qui fait office d’introduction à la série, n’est pourvu que d’un seul défaut notable : son nombre de pages (seulement 92). Le reste du comic-book est consacré à divers bonus comme une galerie de couvertures, des informations sur les recherches effectuées par l’auteur et des dessins préparatoires.

Si « Dark Meat City » est donc à recommander chaudement à tous les lecteurs à la recherche d’une œuvre novatrice, précisons tout de même qu’il est conseillé de feuilleter ce premier volume avant de passer à l’achat tant le graphisme est, à l’instar du scénario, des plus particuliers.

Note : 8/10

R.L.

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