The Blood of Dawnwalker : la magie de The Witcher encore à l’honneur d’une certaine façon ?

On se rappelle notre épopée sur The Witcher 3, avec son open world vivant, ses quêtes au scénario travaillé, la richesse de son histoire, ses personnages charismatiques (Geralt <3)… Evidemment, la nostalgie aidant, on en oublie facilement ses défauts. Dès lors, il a suffi d’annoncer un nouveau jeu développé par d’anciens membres de CD Projekt pour remuer toute la toile ! Mais que vaut vraiment ce The Blood of Dawnwalker ? Pétard mouillé qui surfe sur l’attrait de The Witcher ou véritable joyau?

Des débuts prometteurs

D’abord, l’entrée en matière. Et quelle entrée, s’il vous plaît ! À peine le temps de lancer le jeu (nous avons testé le titre sur PS5) qu’une cinématique des plus alléchantes s’offre à nous, suivie de quelques mécaniques de gameplay particulières, mais encore une fois bien pensées (on vous explique tout ça plus bas) ! Vous êtes Coën, habitant de la région fictive du Val Sangora, gouvernée par un vampire tyrannique, un certain Brencis. Pauvre, votre famille travaille dans les champs et récolte ce qu’il faut pour assurer sa survie. Évidemment, un événement majeur va rompre la routine du foyer. Et déjà s’annonce une mécanique intéressante : chaque jour passé vous rapproche de la mort de vos proches. En effet, une épée de Damoclès pend au-dessus de la tête de vos parents, de votre frère et de vos sœurs : dans 30 jours, ils seront exécutés, ni plus, ni moins.

Le choix s’offre alors à vous : parcourez-vous les innombrables quêtes secondaires au risque de voir le temps vous filer entre les doigts, ou partirez-vous au plus vite défaire les Vrakhir responsables de cette situation ?

Ce système, d’abord critiqué par ma personne, est finalement devenu, toujours à mes yeux, un point fort du jeu. Si vous pensez comme moi : « À quoi sert-il de minuter son temps dans un RPG en monde ouvert alors que le but est justement de parcourir les terres fantastiques et de devenir plus fort (pour ce genre de titres) ? », laissez-moi donc vous expliquer mon changement d’avis.

D’abord, le temps n’évolue que si vous terminez une quête annexe ou si vous apprenez à maîtriser une nouvelle compétence. Ce qui, déjà, permet de conserver une certaine cohérence. De cette façon, vous arriverez devant vos ennemis sans être surpuissant puisque vous aurez beau avoir une dizaine de points de compétences à dépenser, il vous faudra choisir entre l’écoulement du temps ou devenir plus fort. Évidemment, si le cœur vous en dit, vous pouvez toujour laisser mourir votre famille (et ne pas vous inquiéter du temps qui passe) pour vous entraîner sans relâche…

Ensuite, il y a l’aspect réaliste (si on peut dire pour un jeu basé sur l’heroic fantasy…) avec cette tension qui s’installe : « Dois-je accepter cette quête au risque d’en sacrifier une autre ? Ou foncer vers mon objectif principal avec la possibilité de mourir misérablement ? » Bref, le « temps » est ici un ajout bien pensé, qui offre un clair avantage au jeu, ne serait-ce que pour vous impliquer dans le scénario.

Le scénario donc, vous envoie dans le Val Sangora, une région inspirée de l’Europe centrale. Les décors sont beaux, sans être du même acabit que les plus grosses réussites visuelles d’aujourd’hui, et rappellent bien souvent la patte de The Witcher.

Seules ombres au tableau : sur PS5, nous avons souffert d’aliasing et parfois de clipping, mais rien de contraignant. Les animations faciales, elles, auraient pu bénéficier d’un meilleur traitement, surtout vis-à-vis du doublage français, qui est d’une très bonne qualité. Tous les personnages principaux, et beaucoup parmi les secondaires, profitent de comédiens habiles qui n’ont pas pris l’exercice à la légère. Au point que les emphases et intonations, lors de certains dialogues, demeurent parfois risibles au vu du peu d’émotions qui parcourent les traits des protagonistes.

Et le gameplay, on en dit quoi ?

Pour commencer, sachez que Coën n’est plus tout à fait humain à la suite du début de l’intrigue. C’est un Vespéral, soit un être mi-humain, mi-vampire. En journée, le personnage se bat comme un homme ; de nuit, il sort ses griffes.

Le système de combat est particulier, difficile à prendre en main, mais devient un réel plaisir une fois que vous vous y êtes habitué. Pour faire simple, résumons-le comme suit : un coup porté à gauche, vous devez parer à gauche. Un coup à droite, rebelote à droite. Les attaques ? Pareil ! Vous frappez à droite, variez les coups pour éviter les contres et vous éloignez pour éviter les frappes les plus imprévisibles.

Autant vous dire que face à des ennemis qui n’attendent pas en file indienne pour vous attaquer, vos réflexes seront mis à l’épreuve. Surtout quand votre jauge d’endurance s’amenuise dès que vous évitez un coup ou que vous frappez.

Évidemment, vous gagnez des pouvoirs au fur et à mesure de votre progression. Et ici aussi, l’intrigue gagne en immersion ! D’un côté, votre facette « vampire » gagne en talents en suçant du sang. Vous désirez faire remonter votre vie ? Attrapez des animaux et plantez-y vos crocs. Vous redevenez humain, et les potions ainsi que la nourriture viendront à votre secours en cas de déficit de points de santé.

Bon, tout n’est pas parfait, évidemment. D’abord, le temps nécessaire pour s’habituer au gameplay pourrait frustrer beaucoup de joueurs… Mais surtout, la caméra ne sera pas votre alliée au quotidien. Elle a tendance à partir dans tous les sens lors des combats, précisément pendant ces instants où vous devrez orienter le stick dans la bonne direction pour contrer un coup ennemi. De quoi en faire rager plus d’un…

Enfin, le système de déplacement, de nuit entend-on, est particulièrement jouissif ! Vous avancez par «bonds», ou plutôt par téléportation. Vous pouvez escalader des remparts, des maisons, des parois rocheuses, ainsi que vous y laisser glisser de façon naturelle et facile. Encore une fois, immersif (et plaisant!)…

La cerise sur le gâteau ?

Pour nous, ceci est LA plus-value de Blood of Dawnwalker : les choix à opérer par le joueur.

Si de nombreux titres proposent leur lot de choix à effectuer, pour beaucoup, ceux-ci ont peu ou pas d’impact sur le scénario. Et quand ils en ont, cela ne concerne que les choix principaux… Ici, la dimension qu’offrent les alternatives qui s’offrent à nous est tout bonnement des plus impactantes !

Choisir une quête au lieu d’une autre pourra aller jusqu’à conduire un personnage à la mort. Vous décidez de ne pas vous nourrir en vampire et de laisser votre santé au plus bas ? Coën pourra devenir fou, aveuglé par la soif, et sauter sur le premier protagoniste venu. Et oui, chaque détail compte. Pour le dire clairement : le travail derrière cet aspect du jeu a dû être dantesque et on ne peut que saluer les efforts de Rebel Wolves.

En conclusion, ce Blood of Dawnwalker nous aura donc bien surpris. Entre ses choix à l’apparence anodine, mais aux conséquences parfois affreuses, parfois attendues, et son écriture riche et travaillée, l’immersion fut totale pour notre part. On peut également applaudir le système de combat et le gameplay en général qui, bien qu’imparfaits, offrent une cohérence et des idées bienvenues. Le studio Rebel Wolves a pris des risques, n’a pas tout réussi, mais a accouché d’un jeu qu’il nous serait difficile de ne pas conseiller au plus grand nombre.

Note : 8/10

R.L.

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