XVIIe siècle, en bon conquistador, alors que vous avez débarqué avec vos collègues sur une île à la recherche de trésors à piller et de mystères à élucider, quelque chose vous happe. Une sensation des plus désagréables. L’atmosphère naturelle du lieu semble parfois… irréelle. On vous traque ? À moins que votre esprit ne vous joue des tours ? Quoi qu’il en soit, vous ne trouverez pas de réponse à vos questions sans vous enfoncer dans la jungle qui s’étend devant vous.
The Mound: Omen of Cthulhu est un nouveau soft (PC, PS5 et Xbox Series) sorti ce 15 juillet. Inspiré directement de l’univers imaginé par le génie créatif qu’était H.P. Lovecraft, ce jeu est destiné aux groupes de potes et se présente comme une expérience destinée à vous embrouiller l’esprit à coups de malédictions.
Imaginez : vous marchez en pleine forêt, parlez à vos amis grâce à votre micro (car impossible de jouer en écran splitté…) et, soudain, l’un d’eux se met à agir bizarrement, à vous parler de choses incohérentes… Eh bien, c’est là toute la force de ce nouveau titre où l’intelligence artificielle est capable de reprendre des phrases formulées plus tôt pour les diffuser à nouveau et d’usurper le chara-design des personnages de vos amis. Ainsi, les voix que vous entendez ne sont que des copies de séquences passées et non celles de vos potes en temps réel… Ne comptez donc pas sur votre micro et votre casque pour vous aider, et encore moins sur votre écran. Vous ne pouvez pas savoir ce qui est vrai et ce qui est faux. De quoi créer un sentiment de confusion comme pouvaient en ressentir les protagonistes de l’œuvre de Lovecraft.
Le principe de base est assez simple. The Mound: Omen of Cthulhu vous envoie donc dans la jungle à quatre (ou moins). Vous devrez dénicher des richesses et vous acquitter de contrats. Plus vous réussirez ce qui vous sera demandé, plus vous devrez vous enfoncer dans le territoire maudit… Bien sûr, le jeu commence dès la préparation de votre paquetage : à vous d’opter pour la meilleure répartition de votre stuff afin de résister à la nature oppressante, aux monstres qui vous agresseront et à vos amis, ou plutôt, à ceux que vous croyez être vos amis. Car, comme le disent les développeurs, c’est avant tout un jeu d’horreur, de survie, le tout en multi.
Et c’est là tout l’intérêt du titre puisqu’il tire toute sa saveur de son mode coop’, même s’il est possible d’y jouer seul. L’aspect multi s’appuie sur diverses mécaniques bien pensées comme, outre le mimétisme des ennemis, la localisation de la voix. Autrement dit, si vous êtes à l’autre bout de la map, n’espérez pas que l’on vous entende crier. L’idée est même bien plus poussée qu’on aurait pu le penser de prime abord puisque notre vision se trouvera bien souvent altérée. Un ennemi me fonce dessus ? Non, c’est un allié. J’étais victime d’une illusion. Un trésor en pleine clairière ne demandant qu’à être ramassé ? J’y cours ! Et bye-bye… Me voilà dans une fosse de pics… Ça m’apprendra à ne pas écouter mes collègues qui essayaient de me prévenir. D’autres éléments perturbants sont de la partie mais gardons la surprise, ce qui pourrait vous réserver de belles frayeurs !
Des frayeurs… Parlons-en. Les ennemis sont variés et abondent en moins de temps qu’il n’en faut pour comprendre ce qui se passe réellement, et surtout, ils réagissent au son. Inutile de croire que se taire sera suffisant. Du bois mort sur le sol (pour ne citer qu’un exemple) et un être bizarroïde vous saute à la gorge ! Le combat s’éternise et d’autres rappliquent aussitôt !
Malheureusement, si l’aspect survie et l’ambiance du titre forcent le respect, d’autres points nous ont fait râler… L’inventaire, notamment. Sa gestion demande une excellente connaissance du jeu tant les informations manquent. Ne serait-ce que pour deviner quelle munition va avec quelle arme à feu… D’autres éléments nous ont interpellés, comme la gestion du temps. Les missions sont chronométrées, mais on a le sentiment que l’heure de jeu n’est pas une heure de temps réel. Et évidemment, jamais le titre ne nous indique le minutage de cette heure. Aussi, on citera le fonctionnement peu clair de plusieurs mécaniques qui nous demandera du temps (que nous n’avons pas à cause du chronomètre) afin d’en comprendre les subtilités. Enfin, si le potentiel de rejouabilité est satisfaisant, il n’est pas sans limites. Ainsi, au bout d’une dizaine (vingtaine ?) de parties, certains pièges deviennent prévisibles. Un monstre humanoïde m’accompagne sans m’attaquer alors que mon pote a disparu ? Ok, c’est encore le jeu qui joue sur ma vision… Un coffre au beau milieu d’un pont sans possibilité d’y ramasser quoi que ce soit ? Ça doit être une nouvelle illusion. J’exagère un peu, tant nous avons pris énormément de plaisir devant certaines situations confuses. Mais vous aurez compris l’idée.
The Mound: Omen of Cthulhu devrait donc ravir les bandes de potes, particulièrement celles à la recherche d’horreurs cosmiques et, pourquoi pas, fans de Lovecraft. Toutefois, certaines lacunes nous ont parfois fait tellement pester qu’on s’est posé la question de savoir si on allait relancer le jeu le lendemain… Disons-le clairement : le potentiel est notable et on n’attend qu’avec impatience le petit coup de polish !
Note : 6/10
R.L.