Bam ! Bam ! Bam !!! Des coups de feu partent dans tous les sens. Une victime ? Oui, le voisin ! Une balle pile dans l’arrière-train ! Un tir prodigieux !
La brigade de police locale est envoyée sur place. Le tireur s’est enfermé dans une maison et menace les forces de l’ordre avec son arme. Est-ce un terroriste ? Un tueur en série ? Un fou échappé d’un hôpital ? Non… Une grand-mère au sang chaud.
Ce début d’histoire, c’est celui de la bande dessinée Mamie Luger. Berthe, 102 ans, est arrêtée par la police pour avoir tiré sur son voisin. Et, de fil en aiguille (ou d’imbroglio en meurtre), nous apprendrons que ce n’est pas là son seul méfait… Car Mamie Berthe a profité d’une vie bien remplie. Entre la guerre, un mari violent, l’arrivée des nazis dans son village, la contrebande d’alcool… les péripéties dignes des plus grands films hollywoodiens ont rythmé une existence, au demeurant paisible, pour un petit bourg de campagne. Et pourtant, malgré les morts qui parsèment les pages de cette bande dessinée, on en ressort avec un grand sourire aux lèvres.
Soyons clairs : Nicolas Kéramidas a parfaitement saisi l’essence du roman original de Benoît Philippon. Vendu à 290 000 exemplaires, celui-ci se voulait un hommage aux femmes qui refusent de se cantonner au rôle de victime, et transmettait son message grâce à un humour reposant sur des dialogues percutants et le comique de situation. En misant sur la ligne claire, des expressions de visage accentuées et souvent en gros plan, ainsi qu’un découpage dynamique, le dessinateur nous fait voyager d’une décennie à l’autre au gré de l’interrogatoire de mamie Berthe et met en avant cette femme qui ne s’est jamais laissée faire.
Au cours de la lecture, on savoure ainsi chaque petite victoire de mamie Berthe sur la vie tout en attendant le prochain gag avec impatience. Car oui, c’est là tout l’intérêt de cette sortie : profiter d’une bonne dose de fun ! Et ça tombe très bien puisque Mamie Luger est drôle. Avec son tempérament à toute épreuve, sa répartie sans pareille et son sens de l’humour (noir), la vieille dame n’aura de cesse de nous étonner par sa personnalité affirmée.
Mamie Luger atteint donc son objectif : procurer sourires et rires. Les événements rocambolesques contés par Berthe reflètent la volonté de l’artiste, celle de livrer une bande dessinée dans la droite ligne du roman dont elle est adaptée : une œuvre légère, fun et divertissante, dont le seul véritable écueil est de nous forcer à patienter jusqu’au tome 2…
Note : 7/10
R.L.