The 7 Deadly Sins : une aventure poignante et cruelle sous le soleil du Far West

The Sixth Gun, Mutafukaz 1886, Undertaker… Si le Far West demeure une source d’inspiration pour plusieurs auteurs, force est de constater que cette période de l’histoire américaine a quelque peu perdu de son attrait aujourd’hui. Pourtant, certains artistes s’y essaient tout de même comme c’est le cas de Tze Chun (producteur, réalisateur et fondateur de la maison d’édition TKO Studios) et d’Artyom Trakhanov (Undertow, Turncoat) avec The 7 Deadly Sins, one-shot publié par Panini Comics.

Ce duo nous plonge ici dans le Texas, en 1867. On y découvre une mission chrétienne qui veut sauver les plus démunis, les orphelins de guerre… Si la vitrine du lieu régi par les lois de Dieu inspire la confiance, son arrière-boutique, elle, repose sur des fondations bien plus sombres… C’est pourquoi le prêtre, un certain Antonio, libère six criminels pour leur proposer un marché censé racheter les crimes sur lesquels repose l’édifice religieux. Ces malfrats et le Père Antonio se mettront alors en route pour une dangereuse traversée au cours de laquelle ils devront faire face aux autorités militaires ainsi qu’aux Comanches, peuple autochtone massacré par les « blancs ».

Conclusion : rien de neuf sous le soleil du Far West dans The 7 Deadly Sins … L’histoire reste, somme toute, assez classique et les aficionados du genre se retrouveront en terrain connu. Pourtant, ce comic-book fait le job et même plus. Explications.

Dès l’entame du récit, la première surprise qui frappe le lecteur, c’est le graphisme: un trait anguleux, des jeux d’ombres travaillés et des expressions de visage exagérées confèrent au titre un aspect… grossier, presque sale. Mais n’y voyez pas un défaut pour autant puisque ces dessins s’avèrent parfaitement adaptés à l’histoire de ces malfrats traversant une contrée aride où s’entassent le sable, la poussière et les cadavres.

Happés par le graphisme, nous poursuivons notre lecture et découvrons une cruelle histoire. Les personnages centraux présentent tous un passé teinté de sang et d’injustice qui a fini par les conduire sur le chemin de la violence. En effet, dans The 7 Deadly Sins, on n’est pas méchant parce qu’il fallait un méchant. Au contraire! Les backgrounds des protagonistes sont étoffés au point qu’on en vient à regretter que le traitement ne soit pas le même pour chacun d’eux.

Quoi qu’il en soit, entre les scalps effectués par les indiens sur leurs victimes et le passé peu glorieux des criminels, héros malgré eux de cette histoire, les scènes sont poignantes et demandent d’avoir le cœur bien accroché. Les lecteurs les plus courageux passeront alors d’une scène d’action à une autre avant d’opérer un bond dans le passé pour découvrir les origines des personnages. Une technique qui n’a rien d’originale tant elle a déjà fait ses preuves dans bien d’autres ouvrages mais qui fonctionne particulièrement bien ici ! Le récit avance d’ailleurs assez vite et s’appuie sur une narration faisant abstraction de tout détail inutile pour se focaliser sur l’essentiel.

Autrement dit, The 7 Deadly Sins ne révolutionne pas le genre du comic-book Western. On retrouve un groupe de héros, chacun trainant derrière lui un sinistre passé et présentant des compétences propres, s’engageant dans une mission en quête de rédemption ou de richesses. Qui a dit « déjà-vu » ? Pourtant, ne nous y trompons pas ! Ce que fait le duo d’artistes aux commandes, il le fait bien. Très bien même !

La violence peut sembler exagérée mais il n’en est rien. Chaque acte de cruauté demeure justifié tant il permet de comprendre comment les hommes et femmes au centre de cette histoire en sont arrivés là. Travaillés, les personnages nous pousseront même à nous interroger sur la frontière floue qui existe entre le bien et le mal et ce, malgré un scénario somme toute assez classique dans son déroulé.

En conclusion : sans faire preuve d’une originalité folle, ce comic-book constitue une lecture plaisante s’articulant autour de protagonistes aux backgrounds détaillés pour lesquels il devient très facile de s’attacher. Le titre s’appuie aussi sur un graphisme original qui illustre à merveille les scènes les plus violentes ou encore des faciès transpirant d’émotions. Le tout donnant naissance à un récit à ne pas manquer en ce début d’année 2021 !

Note : 8/10

R.L.

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