Johnny Cash – I see a darkness : le roman graphique musical par excellence

« Quand j’étais juste un bébé, ma maman m’a bien dit : « Fils, sois toujours un bon garçon et ne joue jamais avec des armes à feu. » Mais j’ai tué un homme à Reno juste pour le regarder mourir. »

Dès les premières pages de « Johnny Cash : I see a darkness », on tombe nez à nez avec un meurtrier. Le chanteur que l’on connaît pour ses talents de musicien et surtout pour sa voix de baryton reconnaissable entre toutes vient d’abattre un homme de sang froid. Le temps de se remettre de ses émotions et l’on comprend que l’ingénieux Richard Kleist a pris le parti d’illustrer certaines des chansons de Cash. Celle-ci, l’une des plus célèbres, n’est autre que « I shot a man in Reno ». Quelle entrée en matière.

Le concept transporte le lecteur dans un univers musical. De déboires en succès, on suit J.R. durant certains des plus grands épisodes de sa vie. Car si le roman graphique dessiné et « scénarisé » par Kleist est bel et bien basé sur des faits réels, il n’en demeure pas moins irréel. Irréel car, comme d’autres célébrités, Cash n’a jamais choisi le chemin le plus paisible, et encore moins le plus ordinaire, qui soit.

C’est ainsi que quand un ami lui propose de l’amphétamine pour tenir le coup, c’est avec peu de réticence qu’il finit par accepter. A tel point que la dépendance frappera rapidement à sa porte. Et avec elle, les crises d’hallucinations et les changements d’humeur.

Et puis, il y a la famille. Marié très jeune avec une femme qu’il connaît à peine, Cash manquera à plusieurs de ses obligations familiales. Pour preuve, quand sa première épouse lui rappelle qu’il a des enfants, c’est la route des concerts et des fêtes entre musiciens qui l’emporte.

Une route tortueuse qui l’emmènera vers différentes destinations que sont la dépression, la solitude, les mauvais choix… mais aussi le véritable amour et la gloire ! Car tout ne fut pas noir dans l’existence de l’artiste. Très jeune, il voit une maison de disque lui accorder sa confiance. Le public conquis, les tournées s’enchaînent et le conduisent à rencontrer June Carter, célèbre chanteuse country qui deviendra sa seconde épouse. C’est elle qui l’aidera à surmonter son problème de drogue et qui l’accompagnera, avec d’autres musiciens, lors de son concert dans la prison de Folsom.

Et même si « I see a darkness » ne reprend pas tous les faits marquants qui ont construit la légende, on se délecte de ce que Reinhard a choisi de raconter. De la jeunesse de Cash et la perte de son frère aimant à l’enregistrement de ses dernières chansons… tout est dessiné avec brio. La finesse du trait ainsi que le choix du noir et blanc offrent un rendu que l’on n’aurait pu espérer. L’immersion est totale pour cette oeuvre biographique. C’est bien simple : Reinhard joue avec les mots et le graphisme de telle façon qu’on ne peut ressortir de ce roman graphique qu’avec de la musique plein les oreilles. Et quelle musique !

Note : 8/10

R.L.

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