Oink, le Boucher du Paradis : une critique sociétale et religieuse très appréciable

Parmi les comics distribués en librairies, on déniche parfois de petites pépites visuelles et/ou scénaristiques. Et parfois aussi, il ressort que ces pépites soient bien plus que ça tant leur trame scénaristique tout comme leurs dessins s’unissent pour ne faire qu’un et offrir un délicieux moment de lecture. Oink, le Boucher du Paradis fait à coup sûr partie de cette catégorie. Voici pourquoi.

Dans la cité du Paradis, les hommes-cochons, soit des porcs vêtus d’habits capables de marcher sur leur pattes arrières et de parler, sont réduits en esclavage au profit d’une dictature religieuse. Parmi eux, Oink s’interroge : il ne comprend pas le monde qui l’entoure et qu’on lui impose. « Pourquoi ? »  C’est cette question qui poussera Oink à fuir et à découvrir les secrets de la sombre cité.

Derrière ce pitch intrigant, on retrouve John Mueller. Fort d’une carrière de plus de 20 ans dans les comics et les jeux vidéo, cet artiste s’est surtout fait connaître pour son travail sur Oink, le Boucher du Paradis. Dans ce roman graphique, il fait part d’une vision pessimiste de la religion puisque celle-ci constitue l’instrument utilisé par le pouvoir en place pour manipuler les masses. C’est à partir de cet état de fait qu’il imagine la révolte d’un individu dénommé Oink face à un système pourtant bien rôdé.

Et si jamais le scénariste ne décide jamais d’imposer son point de vue à ses lecteurs, la religion en prend tout de même pour son grade ! C’est pourquoi Mueller n’hésite pas à expliquer lors d’interviews qu’il ne critique pas la religion elle-même puisque, sous couvert de celle-ci, des actions humanitaires indispensables voient le jour. Ce qu’il remet en cause, ce sont les individus avides de pouvoir qui administrent cette même religion. Et c’est d’ailleurs ce qu’il exprime dans Oink, le Boucher du Paradis qui devient alors une critique sociétale et religieuse intéressante et surtout, attrayante !

Car, il ne faudrait pas l’oublier, le scénario est des plus prenants, et ce même si l’on en reste au premier niveau de lecture : l’affrontement entre Oink et les élites. En effet, Mueller régale les lecteurs avec une narration maîtrisée et des planches pouvant toutes êtres considérées comme des œuvres d’art. Très sombre, la cité du Paradis nous semble affreuse et témoigne d’une laideur absolue au travers des magnifiques dessins de l’artiste.

Avec Oink, le Boucher du Paradis, John Mueller est donc passé du statut « d’inconnu » à celui d’artiste à suivre auprès du grand public. En misant sur des thèmes forts et ô combien complexes comme la religion, la dictature et la révolution, le pari était risqué. Pourtant, Mueller s’en tire avec les honneurs en proposant une trame scénaristique originale tout en y insérant des idées fortes. Désormais, vous vous méfierez du cochon qui dort !

Note : 8/10

R.L.

 

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