Chala, Head Chala… Dragon Ball, cette franchise mythique dont le créateur, Akira Toriyama, parti trop tôt en 2024, aura pu constater l’étendue des déclinaisons de son manga. Films d’animation, jeux de cartes à collectionner, série animée bien-sûr, figurines, peluches, mais aussi posters, jeux de société… et jeux vidéo! Et, à ce propos, si Dragon Ball Z Kakarot nous avait plus que convaincus, les fans de Goku et de sa bande attendaient de pied ferme une nouvelle itération pour la série des célèbres Tenkaichi Budokai. En effet, celle-ci demeure, dans l’esprit de beaucoup, le jeu de combats par excellence pour tous les amoureux de Dragon Ball. On ne compte plus les après-midis endiablés à se défouler avec des potes autour de l’écran, les soirées passées dans le mode Histoire pour revivre les plus grands moments de nos arcs préférés et les tournois où des protagonistes de différentes périodes s’affrontaient comme si de rien n’était. C’est dire ce que ce Sparking! Zero porte sur ses épaules : toute la pression de fans désireux de mettre des Kaméhaméha dans le pif de leur adversaire après une attente de 17 années. Alors, pari réussi ?
Un roster… digne de l’armée de Freeza!
182 ! Oui, vous ne rêvez pas : 182 personnages sont au programme! Oui, oui… même si beaucoup de transformations font partie de ce roster et comptent comme protagonistes à part entière. Mais qu’importe ! Quelle joie de contrôler Vegeta, Goku, mais aussi Bojack, les cyborgs, le commando Ginyu, Jiren, Cell et bien d’autres. Bandai Namco n’a pas menti : Dragon Ball Z, GT et Super sont bien au rendez-vous afin d’offrir aux joueurs le plus important line-up jamais observé dans un jeu dédié au manga. Tiens ? Et pour Dragon Ball, la première série ? Aurait-elle été oubliée ? Bon, clairement, à cet égard, on reste sur notre faim avec seulement deux combattants (Goku enfant et Tortue Géniale) au menu… Même son de cloche du côté des arènes où Super, qui se retrouve pour la première fois intégré dans la franchise (logique, le dernier jeu Budokai Tenkaichi datant de 2007…), ne présente qu’un seul champ de bataille : l’arène du Tournoi du Pouvoir. Constat similaire pour les attaques qui, sur différents personnages, se ressemblent étroitement, bien qu’on ait accepté cet état de fait depuis plusieurs titres… Ne boudons pas notre plaisir mais tout de même : on aurait aimé le même traitement pour tous les aspects du soft.
Revivre la saga différemment
Evidemment, que serait un jeu Dragon Ball sans son mode Histoire (appelé ici « Episode »). Dans ce Sparking! Zero, vous pourrez donc réaffronter les gros méchants de la franchise (ou les jouer) lors de moments épiques connus de tous ou presque. Fidèle à l’esprit des Tenkaichi Budokai, le titre n’incorpore aucun déplacement libre entre les combats, donc pas de monde semi-ouvert comme on pouvait en profiter dans Dragon Ball Z Kakarot. Il faut dire que ce n’est pas dans l’ADN de la franchise qui s’axe avant tout sur les combats en tant que tels.
Et puis, là où le soft aurait pu se contenter du minimum, on reconnaîtra l’apparition appréciable d’ajouts originaux tels que la possibilité d’altérer l’histoire originale ou encore de contrôler son personnage préféré en vue à la première personne pour découvrir ce qu’il voyait lors d’événements majeurs de Dragon Ball. Des nouveautés bienvenues qui contenteront plus d’un fan, ne serait-ce que par leur originalité.
Et le gameplay, il castagne ?
On repart sur de bonnes bases, celles précédemment mises en place dans d’autres jeux (Kakarot par exemple) : soit une arène ouverte et modélisée en 3D où les protagonistes de l’univers de Toryama peuvent s’affronter. Profitons-en pour évoquer les graphismes tant les effets des attaques sont sublimes, les explosions aussi, tout comme les petites séquences de dialogues en amont de chaque match. En bref, même si le jeu manque de cinématiques et n’est pas au niveau de Kakarot ; même si ses graphismes chatoyants n’arrivent pas à la cheville d’un FighterZ, se battre dans cet opus est tout simplement envoutant. Et si toutes les textures avaient bénéficié du même soin, on aurait éprouvé bien des difficultés à faire la fine bouche en ce qui concerne la réalisation.
Quant au gameplay en tant que tel, les mouvements sont fluides et rapides, on enchaine les combos et on balance des kikohas sans voir le temps passer. Difficile d’imaginer qu’un fan ne puisse pas s’y retrouver au milieu de tous les effets propres aux combattants et à leurs techniques. C’est plaisant à regarder, et à jouer tout simplement. C’est une digne suite de Tenkaichi Budokai 3 tant on est « comme à la maison » avec une recette qui fonctionnait et qui fonctionne toujours autant. Bien-sûr, ne vous inquiétez pas, la pléthore de perso’ et de leur(s) transformation(s) n’empêchent pas de passer d’une transformation à une autre en plein combat ou de fusionner quand bon nous semble. De quoi épicer les matchs et rendre le tout plus intéressant.
Pour le gameplay également, les développeurs ne sont pas passés loin du sans faute. Ainsi, côté « points à revoir », on ne mentionnera que l’un ou l’autre détail tel que des passages du mode Episode où le gameplay n’a pas été revu. On pense notamment à l’arc du Tournoi du Pouvoir où il est interdit de voler (comme dans le manga) mais où les techniques n’ont pas été du tout adaptées. On se retrouve alors à balancer des attaques prévues pour être envoyées depuis une position élevée, sauf que… l’effet est ridicule et plonge sur un sol situé à quelques dizaines de centimètres de la paume de la main du combattant. Et tant qu’on évoque les ratés, le gros point noir réside sans conteste dans la gestion de caméra qui, par moment, ira se balader on ne sait où… Un défaut dont on aurait pu espérer une résolution en 2024.
Pour le reste, les mécaniques relèvent du classique : on peut se cacher derrière l’environnement, matraquer une touche de frappe pour enchainer les combos, recharger son ki… A cela s’ajoute différentes possibilités de contre tout à fait appréciables pour qui prendra le temps de s’y habituer. Bandai a donc misé sur le même savoir-faire qu’à l’époque et l’a paufiné. Du beau travail.
Enfin, parmi les nouveautés, relevons la présence d’un éditeur de missions où vous pourrez concevoir vos propres événements et les partager avec la communauté. Mettez-y deux ou plus de combattants, désignez votre arène, scénarisez le tout, et vous voilà fin prêt pour une séquence jamais vue dans la saga. Sympathique et fédératrice, la fonction amuse et reste plaisante, bien vu Bandai !
En conclusion, il est évident que les amoureux de l’œuvre d’Akira Toriyama se doivent de poser les mains sur ce nouveau titre. Dragon Ball Sparking! Zero réussit là où on l’attendait avec des combats fun, fluides et nerveux. Le jeu ne se réinvente pas mais se suffit à lui-même comme ses prédécesseurs en leur temps. Et puis, il comblera les joueurs avec ses très nombreux personnages. En effet, le roster est impressionnant et incorpore, pour la toute première fois, des protagonistes de Dragon Ball Super. Cependant, pour les autres amateurs de jeux de combat, les soucis de caméra, le manque d’arènes et les cinématiques trop statiques les feront probablement patienter jusqu’à une promotion dudit jeu. Et encore, rien de moins sûr, quand on voit l’engouement que génère le titre pour son lancement. Les graphismes de qualité, les ajouts créatifs comme la possibilité de modifier le cours de l’histoire, la vue à la première personne… auront tôt fait de mettre tout le monde d’accord.
Note : 7/10
R.L.