Dragon Quest VII Reimagined: retour moderne d’un titre attendu

Enfin ! Enfin, cette triste réalité fait partie de l’histoire ancienne ! Le mal est défait, la faute réparée ! Quoi, vous ne voyez pas de quoi je parle ? Bon. Eh bien, parmi les jeux à n’avoir jamais vu le jour dans nos contrées lors de leur sortie initiale, on trouve… Dragon Quest VII. Le Japon et les USA avaient pu en profiter il y a 26 ans sur PS1; nous, pauvres Européens, avions dû attendre un remake sur 3DS, 12 ans plus tard. Et enfin… Voici qu’HexaDrive à qui l’on doit Okami HD, MGS Snake Eater HD… s’est vu confié le remake de cet opus. Le soft est désormais disponible sur toutes les consoles et sur PC.

Si la patience est une vertu, est-elle récompensée pour autant?

Un jeu moderne, vif mais à quel prix?

D’abord, parlons de ce qui touchera l’âme de n’importe lequel d’entre nous au lancement du titre : l’ambiance. D’un côté, de somptueuses créations musicales qui nous renvoient directement à nos plus beaux souvenirs de la série. De l’autre, un style loin du HD-2D des premiers opus, mais tout aussi agréable pour nos yeux. Les couleurs sont chatoyantes, les villages ressemblent à de magnifiques maquettes et les éléments dynamiques (la mer, les nuages…) viennent sublimer le tout. En outre, la patte artistique d’Akira Toriyama, l’auteur deDragon Ball, est aisément perceptible pour notre plus grand plaisir ! Bref, la direction artistique est exceptionnelle et l’aspect technique ne viendra pas la ternir. Jugez plutôt : 4k, 60fps, et aucun bug, aucun ralentissement durant l’entiéreté de notre partie. Un constat qui peut paraître anodin, mais… ne nous voilons pas la face ;).

On part donc à l’aventure avec un petit héros, tout de vert vêtu, pour lequel on choisira nous-même le nom. Direction le grand monde pour en découvrir ses mystères, et plus tard, y combattre le mal qui s’étend. Vous l’aurez compris à la lecture de ces lignes: comme pour l’ensemble de la série, le scénario est sympathique sans toutefois vous retourner le cerveau grâce à un twist magistral. Cependant, on est au coeur de ce qui fait le charme de la série : un assemblage de petites histoires, chacune présentant son « boss », le tout dans l’ombre d’un grand méchant. Les fans seront donc en terrain connu, pour leur plus grand bonheur.

Premier changement notable avec la première version (PS1) : on constate l’absence des textes sur fond noir qui avaient le don de ralentir le rythme du jeu à l’époque. Un mal pour un bien, me direz-vous ? Pas vraiment tant certaines ellipses paraissent étranges, voire ridicules. Les nouveaux joueurs auront parfois l’impression qu’il manque quelque chose, ne serait-ce qu’une transition. Le studio se défend avec l’argument du modernisme, de l’envie de rendre le titre plus fluide, plus vif. Résultat, si la narration pourra parfois nous faire tiquer, force est de constater qu’une rimbambelle de longueurs ont bel et bien disparu.

Et puis, les combats, eux-aussi, respirent le modernisme. Basés sur le principe du tour par tour, ils reprennent la formule de Dragon Quest XI. On remerciera le studio tant les affrontements sont punchy en comparaison de ce qui se faisait il y a 26 ans (logique, mais quand même…). Autre ajout, on peut désormais mixer les classes de personnages (appelées « vocations ») très utiles au combat. Du guerrier au danseur en passant par l’artiste martial ou le matelot, les spécialisations varient et permettent un large choix de personnalisation. Une nouveauté très appréciable pour affronter des ennemis divers.

Par contre, là où les fans de la première heure y trouveront à redire, c’est sur le manque de challenge. Evidemment, qui dit formule simplifiée, dit baisse de la difficulté. Les combats, les boss se voient bien plus simples à appréhender que par le passé (on vous recommande le mode de difficulté le plus important). Rassurez-vous, cela ne vous permettra pas de rusher le titre et de le terminer en une soirée. Il vous demandera une cinquantaine d’heures pour en voir le bout en ligne droite, soixante avec le contenu annexe (61 trophées disponibles). L’exploration, d’ailleurs, à l’instar du jeu dans son ensemble, reprend de bonnes, et de moins bonnes idées. À cet égard, les lieux à visiter, les donjons et le style Toriyama ne constituent que quelques-uns des éléments qui vous donneront envie d’aller au bout de l’aventure et de voyager encore et encore. Par contre, nous avons été des plus étonnés devant la redondance des villages et surtout des skins de PNJ qui brise (dans une certaine mesure) l’immersion. En effet, vous dénicherez souvent des protagonistes identiques de ville en ville, de la tête aux vêtements en passant par les couleurs (seul leur nom change). Même si certains n’en seront pas gênés, il nous semblait important de le signaler…

Enfin, terminons ce test avec les petits ajouts qui devraient figurer dans TOUS les jeux demandant une implication de plus d’une dizaine d’heures. D’abord, il vous est possible d’obtenir un résumé succinct de votre aventure dès lors que vous reprenez votre sauvegarde. Si l’histoire n’est pas complexe à suivre, l’initiative est louable, surtout pour ceux qui seraient contraints de mettre le jeu en pause sur une longue période. Ensuite, précisons que dans son optique de moderniser le titre, le studio n’a pas fait les choses à moitié : outre la possibilité de marcher plus vite, on trouve également celle d’accélérer les combats. En d’autres mots : pas de perte de temps contre de petits montres déjà vaincus cent fois. D’ailleurs, il vous est loisible de battre les créatures les plus faibles d’un seul coup afin d’éviter le combat au tour par tour. Bref, des détails qui n’en sont pas et qui rendent l’expérience bien plus appréciable !

Dragon Quest VII revient donc dans une mouture « Reimagined » avec de bien beaux graphismes, une technique au point, une ambiance dans la droite lignée de la série et des personnages sympathiques qu’il nous tardait de connaître. Bien-sûr, on pouvait espérer beaucoup plus de ce remake avec un challenge plus important, des coupures moins abruptes et des PNJs plus élaborés. Toutefois, il s’agit là de défauts mineurs qui sont largement compensés par les bonnes idées que l’on retrouve dans le titre. À l’écriture de ces lignes, on doit bien l’admettre, nous n’avons qu’une envie : retrouver nos héros dans un monde tel que la série nous en a fait découvrir tout au long des sorties.

Note : 8/10

R.L.

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