On avait quitté Dragon Quest III le sourire aux lèvres, les yeux brillants d’étoiles, l’esprit embué d’une nostalgie douce et enchanteresse. Il faut dire qu’il était le premier épisode à bénéficier d’un remake pour célébrer le retour dans nos rayons de la « trilogie de Roto », une épopée incontournable pour tous les fans de JRPG. Bien-sûr, ce DQIII modernisé, préquel aux deux premiers épisodes, ne s’installait pas dans nos contrées tel un messie frôlant la perfection. Bien que magnifique et ô combien satisfaisant, il comportait quelques défauts non-négligeables qui avaient d’une part, entraîné les plaintes de quelques-uns parmi les adeptes du style, et d’autre part, repoussé les novices. Dès lors, nous étions en droit de nous demander si les remakes des deux premiers opus constitueraient un copié-collé à l’identique, au niveau de la forme, de leur prédécesseur ou si, au contraire, Square Enix avait choisi d’écouter les joueurs pour sublimer cette double sortie.
Un style magnifié
Commençons par le commencement : on en prend plein les mirettes ! Il nous était difficile de ne pas citer ce point dès le début tant, au même titre que Dragon Quest III, cette refonte des deux premiers jeux nous emmène dans un univers coloré, magique… sublime ! Les villes fourmillent de détails, la nature ruisselle de beauté et les constructions nous poussent à nous attarder, l’espace d’un instant, sur leurs majestueuses conceptions. Si la HD-2D était un art, Square Enix en serait le garant, c’est chose sûre !
Dans Dragon Quest I, vous parcourez ces contrées durant une quinzaine d’heures poussé par un scénario qui, à défaut d’être mémorable, reste tout à fait agréable à suivre. On avait laissé Elric après qu’il eut vaincu le mal dans le troisième Dragon Quest. Il est désormais remplacé par l’un de ses descendants qui aura la lourde tâche d’affronter un nouvel ennemi tout aussi menaçant que ceux qui se dressèrent sur la route de son ancêtre. Le scénario, par petites touches, vous prendra par la main et vous emmenera dans une belle aventure, cela grâce à une refonte de la narration. Ainsi, on découvre avec joie l’apparition de nouvelles saynètes doublées et sous-titrées en français. De quoi immerger encore plus les joueurs que nous sommes. S’il n’y a pas de quoi crier au génie en découvrant ces ajouts, force est d’admettre que ces derniers représentent tout de même des nouveautés appréciables.
Quant au gameplay, nous nous devons de pointer dès maintenant l’opportunité d’affronter plusieurs ennemis en même temps. Eh oui, les plus anciens se souviendront aisément que pour ce premier opus, il s’agissait à l’époque de partir seul à l’aventure pour combattre de nombreux adversaires en… 1 contre 1. Une façon de procéder totalement révolue à notre époque, vous en conviendrez.
Quoi?! Que dites-vous? Passer d’un ennemi à plusieurs n’est rien de plus qu’un détail? Il n’y a pas de quoi se réjouir à cet égard? Ne vous y trompez pas ! En effet, il n’en est rien dès lors que ledit détail permet d’accentuer le côté stratégique du titre. Pour preuve, certaines armes peuvent toucher plusieurs cibles à la fois et la magie comprend de nouveaux sorts dont les spécificités vous feront réfléchir avant de vous lancer à corps perdu dans la bataille.
Et puis, vient le summum…
Vous avez aimé DQ III et vous appréciez DQ I ? Alors, tenez-vous bien… car tout gagne en consistance dans le deuxième épisode ! Vous ne nous croyez pas ? Et bien, histoire de vous mettre l’eau à la bouche, sachez que la durée de vie a été doublée (30 à 40 heures seront nécessaires) et cela sans l’ajout de quêtes répétitives et lassantes. Si, si, c’est possible, on vous l’assure ! Ici, chaque protagoniste offre sa propre perspective sur les enjeux auquels il fait face. L’immersion s’en retrouve une fois encore garantie. D’ailleurs, sans vouloir entrer dans le territoire du spoil, attendez-vous à quelques surprises en fin de jeu qui outre le fait de rallonger la durée de vie, auront de quoi vous faire sourire.
Parmi les nouveautés, sachez que l’équipe de héros passe de trois à quatre membres ; chaque personnage présentant son propre profil, des capacités spécifiques. Des profils qui se complètent bien donc, et permettent d’équilibrer les combats. Une aubaine pour un jeu considéré comme l’un des moins accessibles en la matière à l’époque de sa sortie initiale! (Rappelons qu’il n’était notamment pas possible de récupérer ses points de vie lors d’une montée en niveau pour les joueurs de la première heure.)
Bon, tout n’est pas parfait… Il faut quand même que l’on vous cite les malencontreux allers-retours pour quérir tel objet et le manque d’annotations sur la carte (qui vous forcera à retenir par vous-même l’emplacement de certains objets-clés). En outre, il est question d’un… JRPG, et donc il vous faudra faire grandir vos personnages, les rendre plus forts. Vous avez probablement compris où nous voulons en venir : le grind est toujours bien présent. Ainsi, il vous faudra voguer d’un lieu à un autre afin d’éliminer le plus d’ennemis possibles dans le but de vous renforcer. Les passages en niveau amélioreront les statistiques et les compétences de vos héros, de quoi faire passer un sale quart d’heure à quiconque se dressera sur votre route.
En conclusion, on retiendra de ces deux opus la volonté des développeurs de proposer un remake au vrai sens du terme. Cette refonte s’éloigne parfois de l’œuvre originale mais c’est, selon nous, pour s’accorder avec l’ère du temps. Grâce à ses graphismes à faire pâlir la concurrence, un gameplay revu et une histoire simple mais agrémentée de nouveaux dialogue, ce remake devrait faire bien des heureux. Square Enix a écouté son public et a réalisé un opus qui plaira, sans conteste, aux adeptes de JRPG.
Note : 9/10
R.L.