Que va-t-il se passer après le dernier film consacré aux Transformers ? La Terre sera-t-elle bientôt à nouveau en danger ? Nos héros parviendront-ils à repousser un nouvel assaut de Mégatron ? Et bien… Nous n’en aurons pas la réponse ici. En effet, Transformers : Le commencement, comme son nom l’indique, veut se consacrer à la génèse des personnages sur leur planète d’origine, et non pas conter de nouvelles aventures vécues auprès de la population humaine sur notre bonne vieille planète bleue. Un véritable challenge pour l’équipe de production qui concerne autant le fond que la forme puisque, pour corser le tout, cette nouvelle création mise entièrement sur l’animation.
Le film suit Orion Pax, un Transformers incapable de se transformer en véhicule. Au côté de son meilleur ami, D-16, il n’est qu’un mineur parmi tant d’autres dont la fonction est de creuser afin de trouver l’énergie indispensable à la vie sur Cybertron. Jusqu’au jour où notre héros et son comparse participeront à la plus prestigieuse des courses, une épreuve réservée aux habitants les plus habiles et surtout, à ceux pourvus d’un Cog, mécanisme indispensable à la transformation. Cet événement sera le début d’une nouvelle vie pour les deux compagnons, puisqu’ils découvriront à sa suite un complot qui tient toute la planète dans le creux de sa main robotique.
Dès les premières minutes, nous avons été frappés par l’investissement de Christopher Hemsworth dans son personnage (Orion Pax). Souvent critiqués, les choix de doublage aux Etats-Unis souffrent de la comparaison avec le doublage francophone (notamment). Prenons l’exemple de la France où nombreux sont les experts en la matière à être plébiscités par leurs fans. Qui ne connait pas, aujourd’hui, les noms de Brigitte Lecordier, Benoit du Pac ou encore de Donald Reignoux? Pour le pays de l’Oncle Sam, la situation est toute autre puisque les comédiens qui se consacrent à ce métier sont bien souvent remplacés par des noms ronflants, mais moins investis dans ce travail. Un état de fait qui, pour notre plus grande joie, ne se vérifie pas toujours. Disons le simplement : dans Transformers : Le Commencement, le casting VO a répondu aux attentes avec la manière. Pourtant, à l’annonce des noms de Scarlett Johansson, Christopher Hemsworth, Laurence Fishburne et d’autres pour donner la réplique, les craintes étaient bien de mise. Mais ces mêmes craintes se sont évaporées tout au long du film grâce à l’implication des acteurs dans l’exercice demandé. L’attachement pour les protagonistes n’en sera que renforcé, d’une part à l’écoute de leurs voix pleines de vie, d’autre part via leurs personnalités distinctes et bien construites. A cet égard, que l’on cite la positivité et la vivacité d’Orion Pax, la sévérité et le comportement très terre à terre de D- 16, ou encore l’humour omniprésent de B-127, le constat est sans appel : l’écriture a rempli sa fonction et a su doter chaque intervenant de pécificités personnelles. Les différentes répliques sonnent juste, l’humour est bien dosé et jamais trop présent, et les scènes plus tendues profitent aussi de l’écriture fine et des voix impliquées. En deux mots : une réussite !
Les dialogues se mettent ainsi au service de l’histoire qui, assez classique, repose surtout sur l’action et l’animation. Une animation très plaisante, dense et rythmée, notamment lors des scènes de confrontations. Nos yeux en ont pris plein les mirettes lorsque les poings volaient pour s’écraser sur leurs cibles, quand certains transformers prenaient une autre apparence ou encore, pendant les courses-poursuites effrénées. Si, pour autant, la technique ne révolutionne pas le genre, elle reste du même acabit du début à la fin, sans connaître de baisse de régime. La vivacité des combats ayant même le bon goût de raviver un scénario parfois trop déjà-vu.
On notera également le très bon développement de personnage qu’est celui de D-16. Sans vous spoiler, sachez que son histoire nous a renvoyés vers d’autres très grandes personnalités du cinéma. Bien pensées, complexes… ses origines constituent l’un des points forts du film, si ce n’est LE point fort. Elles sont à la base d’une évolution édifiée avec intelligence et créativité en ce qui concerne le psychisme de D-16. Difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler le pot aux roses malheureusement.
Dès lors, faut-il courir en salle pour voir Transformers : Le Commencement ? Il vous reviendra d’y voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Bourré de qualités et d’autant de défauts, le film fera tiquer plus d’un fan pour son scénario basique, son animation qui aurait pu être révolutionnaire, ou encore des passages un peu longuets. Mais ces mêmes fans auront tout de même la joie de retrouver leurs personnages préférés au cours de scènes où la technique d’animation se joint à la qualité des dialogues et du rythme endiablé de certains passages. De notre côté, on regrette l’absence d’une surprise colossale qui aurait pu bouleverser le scénario, et provoquer un tel étonnement qu’on en serait tombé de nos chaises. Transformers : Le Commencement fait donc partie de ces productions qui vous feront passer un bon moment devant l’écran sans pour autant vous marquer pour les années à venir.