Tout juste sorti au prix de 29,99 euros, Champions de Quidditch (« Quidditch Champions » en anglais) était attendu par les fans, qui demandaient ardemment un jeu sur le sport magique le plus célèbre au monde. Mais le titre est d’ores et déjà disponible gratuitement sur le PlayStation Plus ce mois de septembre. Est-ce là le résultat d’une stratégie longuement réfléchie par Unbroken Studios et ses associés, ou bien la crainte d’un manque de ventes ? Nous le saurons très vite, mais nous avons déjà notre petite idée sur la question…
Après la déception des joueurs de ne pas voir de quidditch au menu d’Hogwarts Legacy, Warner Bros. n’a pas perdu le nord en créant un jeu à part entière sur le sport favori des sorciers.
Le quidditch, kesako?
Le quidditch est un sport mixte où deux équipes s’affrontent au cours d’un match. Chaque équipe est formée de sept joueurs chevauchant des balais volants, dont un gardien, trois poursuiveurs, deux batteurs et un attrapeur. L’objectif est de scorer plus de points que l’adversaire en marquant un maximum de buts avec le Souaffle via les poursuiveurs, ou en attrapant le Vif d’or grâce à l’attrapeur. Le gardien défend les trois anneaux de l’équipe, tandis que les batteurs ont un double objectif : défendre leurs coéquipiers des Cognards, deux balles fonçant sur tous les joueurs, et envoyer en même temps les Cognards sur les adversaires. Dans ce jeu vidéo, un but rapporte 10 points, attraper le Vif d’or en rapporte 30. La première équipe à 100 unités ou l’équipe avec le plus grand nombre de points à la fin de la rencontre remporte la partie.
Ne tournons pas autour du pot. Jeu solo et multijoueur, crossplay et compétitif autour du sport magique le plus connu au monde, « Harry Potter : Champions de Quidditch » est un titre qui ne comblera malheureusement pas les fans les plus impatients, ceux qui attendaient un jeu abouti pour affronter leurs amis en soirée, comme ils le font déjà avec des softs tels que FIFA, Mario Kart ou NBA 2K. Le jeu peut se targuer de posséder malgré tout quelques atouts qui le rendent plus agréable.
Le principal point fort de cette production est graphique: le soft rend hommage avec brio à l’univers visuel du sorcier à lunettes. La modélisation style cartoon est une grande réussite tout en étant vraiment jolie. On reconnait aisément les personnages de la saga et les différents stades offrent une réelle immersion. De plus, la bande-son est un doux remix de différents airs entendus dans les films. Les commentaires en début de match sont gênants, mais pour le reste, cela colle bien à l’ambiance générale positive.
Pour ce qui est du gameplay, on classera ce dernier dans la colonne « mi-figue, mi-raisin ». Pour le positif, sachez d’abord que les personnages sont entièrement personnalisables, ce qui devrait ravir les plus « fashion » d’entre vous. Un autre point fort réside dans le fait que le joueur peut passer d’un poste à l’autre sans aucun problème, en tout cas en mode solo, en plein match. Cela permet de combiner un rôle plutôt calme, comme le gardien, avec un rôle bien plus actif, comme le poursuiveur.
Ce dernier est d’ailleurs sans conteste le rôle le plus intéressant et le plus actif de la partie. Par contre, comprendre où se situe le Souaffle est un véritable défi tant les curseurs restent incompréhensibles par moment. On passe plusieurs secondes à essayer de comprendre où se situe le Souaffle, ce qui nous amène souvent à voir partir les poursuiveurs ennemis au loin. Le batteur, quant à lui, hérite d’une palette plutôt technique de gestes défensifs, puisque vous ne pourrez pas marquer à ce poste. Enfin, l’attrapeur n’est sélectionnable que lorsque le Vif d’or est relâché et son gameplay est très limité, puisqu’il faut simplement rester à proximité de la petite balle dorée en suivant des cercles aux couleurs de la sphère. Après vous être fait la main seul, vous découvrirez le mode en ligne, dans lequel vous devrez sélectionner au maximum deux positions, ce qui offre une meilleure lisibilité car vous aurez moins d’équipiers à gérer.
En dépit de ces quelques minces qualités, l’un des problèmes principaux est pour le moins handicapant… Et il survient assez rapidement, pour ne pas dire directement après quelques parties. Il s’agit du manque de profondeur criant dans le gameplay. Les matchs se suivent, se ressemblent, et une fois que le jeu n’aura plus de secrets pour vous, et que vous parviendrez à remporter victoire sur victoire, une facheuse impression de déjà-vu s’imposera. Le sentiment de tourner en rond, de faire toujours la même chose, sans devoir réellement s’adapter à l’équipe adverse sera à la base d’une monotonie gênante…
Et ce n’est pas tout… En termes de contenu, le jeu en manque cruellement. Si le tutoriel est bien pensé et vous permet de prendre en main tous les rôles, la suite est en effet moins glorieuse. Quatre championnats sans grande saveur en mode solo sont terminables très (trop?) rapidement pour un jeu vendu au prix de 29,99 euros. Ajoutez à cela que le mode multijoueur n’est disponible que pour les abonnés du PlayStation Plus, avec un mode compétitif disponible pour les plus acharnés.
Si Harry Potter : Champions de Quidditch était attendu par de nombreux fans de la licence comme le retour d’un vrai jeu de quidditch, on ne peut pas dire qu’il remplisse totalement sa part du marché. Pour être mieux considéré, le jeu aurait probablement dû être Free-to-play avec un système de passes de combat à la Fall Guys ou façon Fortnite. Cela aurait peut-être permis aux joueurs de passer outre les problèmes liés au manque de profondeur de gameplay et de contenus. D’autant que l’ambiance globale du soft n’est pas mauvaise et l’univers est bien respecté. Il ne reste qu’à espérer qu’Hogwarts Legacy 2 propose sa propre version du sport de sorciers le plus célèbre au monde…
Note : 5/10
C.V.